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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

La proposition de loi Yadan ou la promotion de la censure

15 Avril 2026, 16:37pm

Publié par Bernardoc

Tribune in L’Humanité du 14 avril 2026

La proposition de loi Yadan affirme dans son titre vouloir lutter contre l’antisémitisme et c’est évidemment un objectif qui doit être partagé par toutes et tous, avec d’autant plus de vigueur que les actes et propos anti­sémites ont considérablement augmenté depuis le 7 octobre 2023.

Cependant, le titre est trompeur : il ne s’agit nullement de renforcer les moyens de lutte contre l’antisémitisme, mais de légiférer contre de prétendues « formes renouvelées ». Le but est en réalité de faire condamner par les tribunaux certains éléments du débat public, notamment la remise en cause de la politique du gouvernement d’extrême droite israélien.

Il est exact que certaines critiques du sionisme ou de la politique menée à l’égard des Palestiniens par Israël servent parfois de masque à l’anti­sémitisme. Mais le débusquer est aisé et l’arsenal juridique – y compris concernant ce que la loi sur la liberté de la presse nomme les « crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication » – est suffisamment solide pour que les propos tenus puissent être condamnés. Or, la proposition de loi veut assimiler antisémitisme et antisionisme, sans nuance. À l’opposé des conclusions du rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de 2024, qui relève que les opinions antisémites « restent fondées sur de “vieux” préjugés », elle élabore une définition de l’antisémitisme liée à la dénonciation de la politique israélienne et de ses conséquences sur la population palestinienne.

Cette loi repose donc sur un postulat lourdement tronqué pour proposer une aggravation des textes portant sur les infractions d’apologie et de provocation au terrorisme. Elle étend l’apologie positive à une minoration outrancière d’actes terroristes, sans même imposer que la qualification de terrorisme soit d’abord retenue par un tribunal français ou une cour internationale. Pourra-­ t-on encore critiquer la nouvelle loi votée par la Knesset imposant la peine de mort automatique pour les Palestiniens déclarés coupables de meurtre terroriste par un tribunal militaire israélien, comme l’a fait le haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, Volker TÜRK, qui dénonce un possible crime de guerre ? Les médias et les journalistes pourront-ils rendre compte de ces critiques sans crainte de poursuites ?

Cette proposition de loi ajoute que la provocation pourrait être implicite… Comment prouver ce qu’une personne veut implicitement dire ? On court le risque d’un procès d’intention. L’absence de définition claire et précise de ces incriminations, en violation du principe de légalité criminelle, ouvre la porte à l’arbitraire, y compris à l’encontre des journalistes et médias.

Poursuivant dans la même logique, elle assimile au négationnisme toute comparaison entre la politique du gouvernement israélien et la politique nazie, ce qui est un sophisme incohérent qui sidère la raison. Pourra-t-on encore parler de génocide tel que défini par les textes internationaux en vigueur sans risquer d’être condamné ?

Entre accusation de négationnisme et apologie par minoration ou provocation « implicite » du terrorisme, si cette loi est votée, qu’en sera-t-il demain de la liberté d’expression ? De la liberté de la presse ? De la liberté académique des chercheurs ? Pourront-ils par exemple travailler sur le contexte historique du conflit israélo-palestinien actuel ?

Qu’en sera-t-il du travail des journalistes, qui pourraient être sommés d’employer les termes de la doxa du gouvernement israélien pour couvrir le conflit ? Si des associations dénoncent ce qu’elles considèrent être l’apartheid en Israël, ou le génocide à Gaza, ou l’occupation illicite de territoires par Israël, même en se référant aux avis de la Cour internationale de justice, seront-elles poursuivies pour provocation « implicite » au terrorisme, en suivant le raisonnement pernicieux selon lequel leurs rapports documentés risqueraient de susciter l’empathie et auraient ainsi pour conséquence de justifier des actions violentes ? Les journalistes et les médias qui se feraient l’écho de ces dénonciations pourraient-ils, eux aussi, être poursuivis ?

Cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU, dont Irène KHAN sur la protection de la liberté d’expression, se sont ainsi inquiétés, dans une lettre ouverte du 1er avril 2026, de cette proposition de loi qui « menace l’exercice de droits protégés, en particulier le droit à la liberté d’expression et d’opinion, y compris la liberté des médias ». Le bureau de la Commission nationale consultative des droits de l’homme a également alerté sur les risques de cette proposition de loi.

Nos organisations appellent en conséquence les parlementaires à voter contre cette proposition n° 575 telle que modifiée par la commission des Lois (texte n° 2358).

La lutte contre le racisme et l’anti­sémitisme mérite le plus grand sérieux et un portage politique qui soit à la hauteur de l’enjeu. Une telle loi serait sans effet pour lutter réellement contre l’anti­sémitisme, mais serait profondément attentatoire au principe de légalité des délits et des peines, à la liberté académique et à la liberté d’expression, dont la liberté de la presse et des médias. La lutte contre l’antisémitisme mérite mieux qu’une loi susceptible de servir d’outil de censure. Modifier ainsi les textes qui garantissent et encadrent la liberté d’expression (dont la loi de 1881 sur la liberté de la presse) mettrait en péril un des piliers du débat démocratique en France. 

Signataires : Élise DESCAMPS secrétaire générale de la CFDT journalistes, Alexis DESWAEF président de la FIDH, Nathalie TEHIO présidente de la LDH, François SAUTEREY coprésident du MRAP, Thibaut BRUTTIN directeur général de Reporters sans frontières, Agnès BRIANCON et Antoine CHUZEVILLE cosecrétaires généraux du SNJ, Pablo AIQUEL secrétaire général du SNJ-CGT.

Et ce n’est pas fini...

 

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Démocratie locale

14 Avril 2026, 11:55am

Publié par Bernardoc

Quelques maires entrant en fonction prennent des engagements concrets aux côtés de Transparency International France à l’issue de la campagne #MaVilleIntègre. Dans un contexte où les enjeux d’intégrité de la vie publique ont été peu présents dans les débats et les programmes électoraux, cette mobilisation marque un premier tournant vers une gouvernance locale plus exemplaire.


Dans un contexte politique où la confiance envers les représentants nationaux ne cesse de s’éroder, le maire demeure la personnalité politique à laquelle les Français·es accordent le plus de crédit. Selon le baromètre du CEVIPOF, 60 % d’entre eux continuent de lui faire confiance, un capital précieux qui repose sur la proximité, mais qui exige en retour exemplarité et transparence. Ce socle reste toutefois fragile : l’abstention record, 43,8 % au premier tour et 42,1 % au second, illustre une réserve et une lassitude qui touchent désormais le niveau local.


Cette vigilance des citoyens se justifie pleinement : les collectivités ne sont pas exemptes d’atteintes à la probité. Bien au contraire, selon l’Agence française anticorruption (AFA), près d’un tiers des affaires impliquent des élus locaux. Ce constat rappelle que l’intégrité est un levier crucial pour prévenir la corruption et restaurer la crédibilité des institutions auprès des citoyens.

En février 2026, l’association lance sa campagne #MaVilleIntègre et publie son rapport proposant 10 engagements pour renforcer l’intégrité locale dans les collectivités de plus de 50 000 habitants. Dans 90% des collectivités engagées, l’ensemble des engagements ont été pris. Comme pour la précédente mandature, l’ONG s’assurera d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris et publiera les actions implémentées par les élus.

En 2020, 27 maires s’étaient engagés et ont mis en place diverses mesures : plan de prévention des risques de corruption à Lyon, transparence totale des règles d’attribution des subventions aux associations à Cannes ou encore publication des rencontres d’élus avec des représentants d’intérêt à Nantes. Ces bonnes pratiques illustrent comment les engagements se traduisent concrètement au service de la vie des citoyens. En 2026, ce sont de nouveau 27 maires qui s’engagent avec Transparency International France, dont 11 déjà engagés en 2020 et 16 nouvelles têtes de listes, preuve que la démarche s’inscrit dans la durée, produit des effets tangibles et qu’une culture de l’éthique publique se met en place progressivement.

Cette stabilité doit faire la démonstration que l’intégrité n’est pas une initiative ponctuelle mais un levier capable de transformer les pratiques municipales et d’influencer l’ensemble des élus vers une gouvernance plus rigoureuse et responsable dès le début de leur mandat.  Mais cette dynamique doit servir de modèle pour encourager d’autres collectivités à se saisir des enjeux de probité pour bâtir une gouvernance crédible.

L’ONG et son équipe de bénévoles ont interpellé plus de 500 listes dans près de 130 villes de plus de 50 000 habitants. À l’aube du premier tour, plus de 120 listes s’étaient engagées, soit plus de 20 % des listes sollicitées. Après fusions, désistements et qualifications pour le second tour, 80 listes restaient engagées. Au terme des deux scrutins, 27 maires élus ont désormais la responsabilité de mettre en œuvre ces engagements dans leurs collectivités et de contribuer au renforcement de la démocratie locale.

L’ONG regrette que cette mobilisation ne concerne pas l’ensemble du spectre politique. En effet, on observe une large prédominance de la gauche : 63 % des maires engagés appartiennent à cette famille politique contre 18 % pour les maires de droite. Les listes d’extrême droite, du centre, et d’extrême gauche sont quasiment absentes des collectivités engagées. Avant le premier tour, moins de 10 % des listes engagées provenaient de la droite, soulignant un signal d’alerte sur le portage politique des enjeux de probité.

Près de 70 % des 27 collectivités engagées comptent plus de 100 000 habitants, témoignant d’un fort dynamisme des grandes métropoles. Certaines régions se distinguent particulièrement : la Provence-Alpes-Côte d’Azur comptait plus de 20 listes engagées avant le premier tour, alors même qu’elle figure parmi les territoires les plus exposés aux atteintes à la probité. À l’inverse, la Corse et les collectivités d’Outre-mer restent largement absentes malgré quelques listes engagées avant le premier tour, et alors même que ces territoires présentent les niveaux les plus élevés d’atteintes à la probité.

Parmi les engagements proposés par l’association, certains font l’unanimité, notamment celui de garantir la transparence totale dans les règles d’attribution des subventions aux associations (engagement 7 dans notre rapport). En revanche, d’autres engagements suscitent davantage de réticences. C’est le cas de l’engagement 6, qui prévoit la publication sous forme d’agenda ouvert des rencontres entre les élus et les représentants d’intérêts. Cet engagement est pris dans 77 % des cas, contre une moyenne de 90 % pour les autres. Sur le mandat municipal de 2020, sa mise en œuvre n’a été respectée que dans 50 % des cas. Cette réticence peut s’expliquer, notamment, par la crainte de réactions publiques négatives, ou de nuisances quant à la confidentialité des échanges.

Pourtant, ces engagements poursuivent le même but :  les collectivités mettent en place des mécanismes complémentaires de transparence et de contrôle, à la fois sur l’allocation des fonds publics et sur les interactions entre élus et acteurs externes permettant ainsi de prévenir les conflits d’intérêts, de limiter l’influence indue et de renforcer la confiance des citoyens dans les décisions locales.

Une étude récente de l’Institut Terram souligne que les élections municipales de 2026 ne doivent pas être réduites à un simple « test » de la présidentielle à venir, mais qu’elles constituent un diagnostic des transformations profondes de la vie politique locale : entre érosion de la mobilisation électorale ainsi qu’un recul de l’identification et de la notoriété des maires (60 % des personnes interrogées peuvent citer leur nom, contre 74 % en 2017) et de l’identification de leur couleur politique décline fortement (avec un recul de 16 points depuis 2020, à 47 %). Cette lecture combinée aux résultats de la campagne #MaVilleIntègre constitue des outils précieux pour percevoir les attentes sociales et orienter positivement les stratégies des collectivités vers une gouvernance de proximité, à l’écoute des signaux faibles d’érosion démocratique.

La probité, grande absente des thématiques de campagne, a été devancée par des sujets tels que la sécurité ou la propreté. Or, comme le rappelle Patrick LEFAS, président de l’ONG Transparency International FranceLes engagements en matière de sécurité et de propreté, fréquemment mis en avant lors des campagnes municipales ne peuvent avoir de portée réelle, sans une politique rigoureuse et efficace de lutte contre la corruption”.  

Au-delà, Transparency rappelle que le combat pour l’intégrité est avant tout un enjeu transpartisan. Garantir la transparence et l’exemplarité ne doit pas dépendre d’une sensibilité politique particulière : il doit s’agir d’une priorité partagée car la corruption n’a jamais et ne sera jamais l’apanage d’un seul camp.

Et ce n’est pas fini...

 

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Mobilisation contre le blocus et pour la solidarité entre les peuples

11 Avril 2026, 13:32pm

Publié par Bernardoc

Depuis l’attaque du Vénézuéla par les États-Unis, ces derniers ne cachent plus qu’ils veulent contrôler directement toute l’Amérique du Sud. Interventions économiques, pressions, menaces sont le lot quotidien du Mexique, de la Colombie, du Brésil et de tout pays qui ne s’aligne pas totalement sur les intérêts des États-Unis.

Cuba joue un rôle particulier dans cette stratégie parce que c’est une ile (elle est donc plus facile à martyriser), et aussi parce que c’est un symbole de résistance depuis plus de 60 ans. Après avoir privé les Cubains d’énergie en empêchant tout navire pétrolier de ravitailler l’île, désormais Donald TRUMP menace Cuba d’une intervention militaire !

Les mesures prises par les États-Unis visent littéralement à asphyxier la population cubaine. Tous les pays qui vendent du pétrole à Cuba sont menacés de lourdes sanctions économiques jusqu’à ce qu’ils abandonnent les livraisons.

Quand cela ne suffit pas, les navires sont détournés et arraisonnées par marine étasunienne en violation flagrante des lois internationales. Même les pays qui envoient de l’aide humanitaire sont menacés. C’est un véritable siège digne du moyen âge qui est imposé au pays pour conduire sa population à la misère et au désespoir !

Résultat : pratiquement aucun tanker n’a desservi l’île depuis 3 mois. L’énergie électrique (produite à partir de pétrole) manque, les blackouts se multiplient et la population ne vit qu’avec quelques heures d’électricité par jour. Les transports et l’économie tournent au ralenti. Se nourrir, se soigner, suivre ses études devient incroyablement difficile pour le peuple cubain.
Le gouvernement cubain a pris des mesures exceptionnelles en priorisant les besoins vitaux et en accélérant la transition énergétique par la pose de milliers de panneaux photovoltaïques, mais cela ne résoudra pas les difficultés à court terme.

Depuis le 4 février, l’ONU alerte sur l’effondrement humanitaire dans l’île et sur le fait que ces mesures portent une atteinte directe et généralisée à la survie de la population. Nous ne pouvons pas rester inactifs !

Rassemblons-nous contre l’impérialisme étasunien et pour que la France prenne des initiatives diplomatiques et économiques afin que cessent ces violences.

Nous ne voulons pas d’un monde de chaos et de guerre où la loi du plus fort est la seule qui règne !

La CGT et la FSU appellent leurs syndicats à participer à toutes les initiatives organisées durant le week-end des 11 et 12 avril.

Et ce n'est pas fini...



 

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La Macronie à l’assaut du 1er-Mai

10 Avril 2026, 14:52pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 10 avril 2026 (extraits)

Depuis 2017, la Macronie a fait de la maltraitance des travailleurs et du Code du travail l’une de ses spécialités. Ordonnances facilitant les licenciements économiques, réforme de ­l’assurance-chômage durcissant l’ouverture des droits, réforme des retraites repoussant l’âge de départ…La liste peut s’étendre à l’infini. Vendredi 10 avril, en reprenant à l’Assemblée une proposition de loi LR votée par le Sénat en juillet, le camp gouvernemental entend ajouter un dossier sur cette pile en obligeant 1,5 million de salariés à travailler le 1er-Mai, seul jour obligatoirement chômé et rémunéré. Directement visés : les commerces de proximité, mais aussi les établissements culturels. Un comble, sachant que c’est depuis la France qu’a été impulsée, en 1889, une coordination syndicale internationale qui a finalement permis que ce jour soit aujourd’hui férié dans 163 pays du monde.

« On nous parle du petit boulanger du coin et du fleuriste, mais ils peuvent déjà ouvrir le 1er-Mai. En réalité, cette loi est faite pour profiter aux grandes enseignes : Interflora, Carrefour, la Fnac, Marie Blachère », décrypte Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT. Et de poursuivre :« Ils disent que ce sera payé double. Mais le 1er-Mai, on est déjà payé sans venir au travail. La vérité, c’est qu’ils veulent nous voler un jour de congé pour augmenter leurs profits. Rappelez-vous du travail soi-disant “exceptionnel” le dimanche. Dans le secteur du commerce, c’est devenu la norme, et ce n’est même plus majoré. »

Interrogé dans l’Hémicycle mardi par Jérôme NURY, député LR, sur ce texte « de bon sens pour la France qui travaille », Jean-Pierre FARANDOU, ministre du Travail et des Solidarités, a fait savoir que,« si la loi est adoptée, le gouvernement fera le nécessaire pour que le décret d’application soit pris à temps pour que la loi entre en vigueur le prochain 1er-Mai », dans moins d’un mois donc. « Cette proposition de loi vise simplement à sécuriser le cadre juridique existant pour permettre de travailler sur la base du volontariat », a-t-il encore précisé. Invité de CNews la même journée, il a osé espérer que ce texte fasse du 1er-Mai une« fête de la concorde et de la réconciliation ».

« Chaque année, la même rengaine : les travailleurs empêcheraient la France de tourner à cause du seul jour férié et chômé de l’année,se désole Pierre OUZOULIAS, vice-­président communiste du Sénat. Si les patrons veulent bosser, qu’ils y aillent, rien ne les en empêche ! Mais qu’ils laissent aux travailleurs ce jour qui leur appartient. »« On nous dit que les artisans sont demandeurs. Pas du tout ! s’indigne Hadrien CLOUET, député LFI de Haute-Garonne. Le 1er-Mai, c’est justement le jour où l’artisan qui n’a pas de salariés peut ouvrir sans être mis en concurrence avec la grande boulangerie industrielle d’à côté. Ce qu’ils veulent faire, en réalité, c’est donner un privilège au plus gros acteur économique par rapport au plus petit. » « Les macronistes ont baissé les droits à la formation, supprimé les critères de pénibilité…Supprimer le 1er-Mai, c’est une sorte de bouquet final pour eux », tacle Marine TONDELIER, secrétaire nationale des Écologistes.

Face à ces arguments, les macronistes, comme la députée Prisca THEVENOT, brandissent la notion de« volontariat »des travailleurs comme garantie pour éviter les dérives. En réponse, Sophie BINET rappelle des notions élémentaires que la droite fait mine d’occulter :« Rappelons que c’est le patron qui fixe le salaire, les horaires, définit le contenu du travail et peut licencier…Le “volontariat” face à son patron est donc toujours très relatif. C’est pour cela que le Code du travail a été créé. Si le volontariat suffisait, il n’y aurait pas besoin d’interdiction du travail dangereux ou de nuit pour certains salariés, d’interdiction du travail pour les enfants ou les femmes enceintes… ».

Question post municipales : les services municipaux de Bordeaux et du Haillan seront-ils ouverts le 1er mai ?

Et ce n’est pas fini...

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J’ai du mal à comprendre.

9 Avril 2026, 16:50pm

Publié par Bernardoc

Ainsi la France, par la voix de son ministre des affaires étrangères, considère que lorsque l’Iran décide de faire payer le trafic dans le détroit d’Ormuz, c’est illégal. Peut-être, mais si l’on considère la raison : payer la reconstruction des monstrueux dégâts occasionnés par les bombardements, cela me paraît acceptable, même si le gouvernement théocratique, réactionnaire et meurtrier de ce pays est une abomination.

Mais au fait, qui a causé ces destructions, et continue de le faire au Liban ? L’état théocratique, réactionnaire et meurtrier d’Israël. Le droit international devrait obliger le pays agresseur à réparer ce qu’il a détruit. Je ne résiste pas à citer un ancien premier ministre (Attal) : « Tu casses, tu répares ». Mais qui osera faire appliquer les décisions onusiennes à l’encontre d’Israël ?

Au fait, les aggressions contre Gaza, les meurtres des colons en Cisjordanie, les bombardements de l’Iran, du Liban, c’est légal Monsieur le Ministre ? Alors, deux poids, deux mesures ? Je n’ose y croire dans le pays des Lumières et des Droits de l’Homme. Détrompez-moi, s’il-vous-plaît.

Et ce n’est pas fini...

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Assurance-maladie : cet efficace régime d’Alsace-Moselle

8 Avril 2026, 15:28pm

Publié par Bernardoc

In Le Figaro du 8 avril 2026 (extraits)

Les gens sont attachés au régime local, un peu comme à la cathédrale de Strasbourg ou à la mirabelle de Lorraine… mais sans forcément bien le connaître », résume ­Sophie PERNIN, attachée de direction au sein du régime local d’assurance-maladie d’Alsace-Moselle (RLAM). Derrière cet acronyme se cache une mini- Sécurité sociale ambitieuse, qui rembourse à ses 2,1 millions de bénéficiaires 100 % de leurs séjours hospitaliers et 90 % de leurs passages chez le médecin (contre 80 % et 70 % pour la Sécurité sociale dans le reste du pays). Un modèle atypique, dont la gestion efficace pourrait servir d’inspiration dans le chantier à ­venir de la réforme de notre modèle social.

Alors que la Sécurité sociale est l’héritière du Conseil national de la Résistance et de son programme Les jours heureux, le RLAM puise ses racines dans les lois sociales bismarckiennes. « C’est un héritage de l’histoire allemande sur notre territoire », résume Anne-Céline FREISS, directrice du régime. Un droit spécifique s’applique en effet sur ce territoire de 3 millions d’habitants, ballotté entre deux nations tout au long du XXe siècle. En 1871, et jusqu’en 1918, l’Alsace-Lorraine fut cédée à l’Empire allemand, qui posa durant cette période les bases d’une sécurité sociale assurantielle. La région a ­ensuite été annexée par l’Allemagne nazie entre 1940 et 1945. Ce territoire regroupe de nos jours deux entités limitrophes : la collectivité européenne d’Alsace et l’eurodépartement de la Moselle.

Ce régime local est devenu un échelon supplémentaire entre le régime général de la Sécurité sociale (commun à tous les Français) et le régime complémentaire (les mutuelles). Il a la particularité d’être à la fois obligatoire et complémentaire, mais n’a rien à voir avec une assurance ou une mutuelle. Les salariés du privé cotisent sur leurs revenus (à un taux fixé entre 0,75 % et 2,5 %) et bénéficient en échange d’une Sécurité sociale élargie. Un modèle vertueux, dont les frais de gestion sont inférieurs à 1 % (0,73 %), alors qu’ils peuvent grimper à 20 % pour les mutuelles et les assurances-santé.

Autre spécificité de ce régime, l’État n’a pas son mot à dire : il est géré exclusivement par des représentants désignés par les organisations syndicales. La cotisation n’étant versée que par les salariés et une partie des retraités, et non par les entreprises, il n’y a pas de représentant des employeurs avec une voix délibérative au conseil d’administration. « Ce sont seulement ceux qui payent qui décident », explique Anne-Céline FREISS.

Le conseil d’administration, bénévole, dispose par ailleurs de prérogatives particulièrement importantes puisqu’il décide à la fois des prestations prises en charge, du taux de remboursement des soins et du taux de cotisation sur les ­salaires, le tout dans le respect du code de la sécurité sociale. Là où les ­mutuelles peuvent prendre en charge certains soins de confort, le RLAM s’ajoute exclusivement au taux de remboursement des prestations de santé déjà prises en charge par la Sécurité sociale.

Autre atout du régime local, il n’est pas en déficit chronique. La Sécurité sociale n’a pas cette chance : elle affiche un solde négatif de 21,6 milliards d’euros en 2025 et un retour à l’équilibre n’est pas envisageable de sitôt, avec une dette sociale de 122 milliards d’euros en 2025. Une situation alarmante, liée à des choix politiques. Alors que les dépenses, notamment pour les retraités et les ­malades, sont irrémédiablement tirées vers le haut par le vieillissement de la population et l’essor des maladies chroniques et des affections de longue durée, les recettes ne suivent pas, tirées vers le bas par des exonérations et des allégements de cotisations sociales.

Le régime local est quant à lui un bon gestionnaire de l’argent cotisé. Au vu d’un résultat supérieur à ses dépenses en 2020 (+ 40,7 millions d’euros) et en 2021 (+ 62,2 millions d’euros), le conseil d’administration a décidé de baisser le taux de cotisation, le faisant passer de 1,5 % à 1,3 %, jugeant que le RLAM n’a pas ­vocation à thésauriser ni à effectuer de gros placements financiers. Ses réserves sont suffisantes pour assumer un déficit piloté, avant d’envisager de rehausser le taux de cotisation pour maintenir le ­régime à l’équilibre. « Ce taux de cotisation est une prérogative exceptionnelle qui n’existe nulle part ailleurs dans le paysage administratif français, rappelle Jean-Claude Jully. Le conseil d’administration de l’Assurance-maladie ne peut pas fixer le taux de CSG ni le taux de cotisation pour les entreprises et les salariés. »

Géré par les syndicats, économe et protecteur, le régime local d’Alsace-Moselle a ainsi tout pour plaire. Alors que les ­mutuelles, aux frais de gestion quatre fois plus élevés que ceux de la Sécurité sociale, ont augmenté leurs tarifs de 4,3 % en moyenne en 2026, l’efficacité du régime local donne du grain à moudre aux partisans d’une « grande Sécu ». Celle-ci pourrait généraliser le modèle hérité du CNR - au détriment des complémentaires santé - avec à la clé un système plus solidaire, plus lisible, et des milliards d’euros économisés chaque année en frais de gestion. Une pétition en ce sens a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale le mois dernier. Cette « grande Sécu », véritable bête noire des mutuelles et des assureurs, ne manquera pas de faire parler d’elle d’ici à l’élection présidentielle de 2027.

Et ce n’est pas fini...

 

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Face à l’extrême droite, l’unité des travailleurs s’impose !

10 Mars 2026, 11:29am

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 9 mars 2026

La secrétaire confédérale de la CGT Nathalie BAZIRE alerte sur les menaces que fait peser l’extrême droite sur les intérêts des salariés, qu’il s’agisse des conquêtes sociales ou des droits syndicaux et politiques. Elle appelle les candidats aux municipales à refuser toute alliance avec ces formations politiques.

Depuis plus d’un siècle, la CGT défend, sans relâche, les droits, la dignité et les intérêts des travailleurs. Notre boussole est simple : l’émancipation par le progrès social, la solidarité et l’égalité. Au nom de ces principes, nous affirmons avec gravité que l’extrême droite est une menace pour le monde du travail. L’histoire sociale de notre pays montre que les mouvements d’extrême droite se sont toujours construits sur la ­division : entre nationaux et étrangers, entre travailleurs précaires et salariés protégés, entre celles et ceux qui auraient « droit » à la solidarité et les autres. Or le mouvement syndical s’est bâti sur une conviction inverse : c’est l’unité des travailleurs, quels que soient leur origine, leur religion ou leur statut, qui permet d’arracher des droits et d’améliorer les conditions de vie.

Derrière les pseudo-discours sociaux, l’extrême droite entretient des liens étroits avec le patronat, adoptant des positions économiques favorables à ses intérêts. Les programmes portés notamment par le Rassemblement national révèlent une réalité préoccupante. À l’Assemblée nationale ou au Parlement européen, les élus d’extrême droite votent régulièrement contre des mesures visant à renforcer les droits des salariés, à lutter contre la précarité, contre l’augmentation du Smic, pour l’augmentation de l’âge de départ à la retraite, pour la défense des plus riches face à la taxe ZUCMAN.

Ils défendent une vision autoritaire du pouvoir, hostile aux corps intermédiaires et aux syndicats. Contre les violences structurelles de l’extrême droite, le syndicalisme est le dernier barrage pour défendre les intérêts du monde du travail, alors qu’on assiste à une nouvelle étape dans la banalisation de ses idées racistes, xénophobes et antisémites.

L’extrême droite prospère sur la colère sociale et le déclassement. Au lieu de s’attaquer aux véritables responsables des inégalités, les logiques financières, la dérégulation, la course au moins-disant social, elle désigne des boucs émissaires : les étrangers, les bénéficiaires de minima sociaux ou bien les institutions démocratiques. Cette stratégie détourne les travailleurs de leurs intérêts communs et affaiblit les solidarités indispensables pour gagner de nouveaux droits.

La réponse aux difficultés des salariés ne peut être le repli nationaliste ni la stigmatisation. Elle passe par l’augmentation des salaires, le renforcement des services publics, la sécurisation de l’emploi et la transition écologique juste. Elle passe aussi par le respect de l’État de droit, des libertés publiques et du pluralisme syndical.

LA CGT appelle tous les travailleurs à la vigilance. Les conquêtes sociales – congés payés, Sécurité sociale, retraite, droit du travail... – ont été obtenues par la mobilisation collective. Elles seront remises en question si les forces qui méprisent la démocratie sociale, prônent l’autoritarisme et les intérêts du capital accèdent au pouvoir. Lorsque l’extrême droite prend le pouvoir, elle ne le rend pas. Preuve en Italie, en Hongrie ou en France dans les collectivités territoriales, comme à Béziers, Hénin-Beaumont ou Perpignan.

L’échéance des élections municipales doit nous alerter et la CGT appelle les candidats à ne faire aucune alliance avec l’extrême droite, ni au premier ni au second tour, les 15 et 22 mars. L’extrême droite ne répond en rien aux aspirations des territoires et organise les inégalités entre les citoyens. La CGT a conscience que les collectivités sont asphyxiées par les budgets d’austérité successifs, mais il n’en demeure pas moins que d’autres choix s’imposent dans un moment où le danger est à nos portes. Alors que l’extrême droite flèche les budgets des collec­tivités pour alimenter l’appétit du privé au détriment des missions des services publics.

Face aux crises, notre responsabilité est de rassembler, de renforcer la démocratie sociale, non de l’affaiblir, et de remettre les questions sociales au centre des débats. La CGT continuera, fidèle à ses valeurs, à défendre une société de justice, d’égalité et de solidarité. Elle œuvre à défendre le partage des richesses, le droit et les libertés publiques, dans l’intérêt du monde du travail, et plus largement de la population, contre ceux qui veulent les détruire. L’heure n’est ni à la résignation ni au pessimisme : construire l’unité du monde du travail est fondamental contre l’extrême droite, ennemie de la démocratie et du progrès social. 

Et ce n’est pas fini...

 

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L’Observatoire du long terme alerte sur le « grand décrochage » français

9 Mars 2026, 16:00pm

Publié par Bernardoc

In La tribune du 6 mars 2026

La France va-t-elle retrouver un niveau de productivité comparable à la période d’avant-Covid ? C’est à cette question brûlante que l’Observatoire du long terme a tenté de répondre, dans un épais rapport de 145 pages publié jeudi 5 mars. Intitulé « Le Grand décrochage », le document s’attache à montrer que la productivité est au centre des préoccupations des Français : pouvoir d’achat, retraites, services publics, souveraineté.

« La productivité est une clé essentielle pour résoudre la plupart de ces tensions », observent les trois auteurs Fabrice PECTOUSSE, Louis HEDE et Richard ROBERT.

Loin de concerner uniquement la France, la chute des gains de productivité frappe une grande partie des économies développées. Mais le phénomène dans l’Hexagone est particulièrement criant. Productivité du travail, productivité du capital et productivité globale des facteurs : les économistes passent au crible toutes les dimensions de cette notion au centre du fonctionnement de l’économie capitaliste.

Premier enseignement important de ce rapport inspiré des travaux des économistes Philippe AGHION et Antonin BERGEAUD, la France accuse un sérieux retard en matière de recherche et développement. Là encore, le constat n’est pas nouveau, mais les données présentées par l’Observatoire mettent en relief le décrochage de l’Hexagone.

« C’est sans doute le plus grave : le levier de plus long terme, l’innovation et la recherche, a été mis en veille au point de décrocher non seulement par rapport aux États-Unis et à la Chine, mais aussi par rapport aux pays européens les plus avancés », soulignent les économistes.

En pourcentage du produit intérieur brut (PIB), les dépenses dans l’Hexagone s’élevaient à 2,18 % en 2023, bien loin des objectifs de l’UE fixés à 3 %. Dans les pays étudiés, ces dépenses s’établissent à 3,13 % en Allemagne, 2,68 % au Royaume-Uni ou 3,45 % aux États-Unis.

Un écart considérable alors que le crédit d’impôt recherche représente une niche fiscale colossale sur le plan budgétaire, évaluée à plus de 7 milliards d’euros ces dernières années. Face au décrochage de la France, les économistes font de la recherche et développement une « priorité critique ».

Bien que le coût soit jugé élevé (environ 1 point de PIB), les experts estiment que si l’Europe, et surtout la France, continuent d’investir moins que la Chine et les États-Unis, le rattrapage sera tout simplement impossible. Parmi leurs recommandations, les dépenses de recherche doivent être exclues de toute politique de rigueur. Le surplus à investir doit représenter 0,25 point de PIB chaque année (7 à 8 milliards d’euros).

Autre levier important évoqué dans le rapport : augmenter le nombre de chercheurs et renforcer l’attractivité de ces métiers. « Les carrières dans la recherche sont devenues peu attractives financièrement », regrettent les auteurs. Sur la mise en œuvre, le rapport préconise d’engager une réflexion de fond sur ces métiers et leurs conditions de reconversion.

Sur le travail, le rapport de l’Observatoire pointe le retard de la France sur le taux d’emploi des jeunes et des seniors. Sur les 55-64 ans par exemple, le pourcentage d’emploi de l’Hexagone (60,4 %) demeure bien inférieur à celui de la moyenne des pays riches (64,6 %) ou de l’Union européenne à 27 (65,2 %). Sous l’effet des réformes des retraites successives depuis 2010, le taux d’emploi des seniors a bondi, mais beaucoup d’entreprises continuent de freiner sur l’embauche de cette catégorie d’âge.

Quant aux jeunes, leur situation n’est guère enviable.

« Par rapport aux pays comparables, les jeunes Français ont plus de mal à entrer dans l’emploi », affirment les chercheurs.

Et ce, malgré une réforme profonde de l’apprentissage dont les effets sur le chômage des jeunes sont remis en question. À titre de comparaison, le taux d’emploi des jeunes âgés de 15 à 24 ans est de seulement 35 % en France contre 51 % en Allemagne ou au Royaume-Uni. Autre limite pointée du doigt par le rapport : la qualité du management en France et le manque de confiance à l’égard des salariés.

« La France connaît une diffusion plus faible des bonnes pratiques de management et d’efficacité opérationnelle », constatent les auteurs.

Ces méthodes peuvent ainsi entraîner du mal-être au travail et avoir des répercussions sur la productivité. Là encore, il s’agit d’une spécificité tricolore régulièrement mentionnée par les spécialistes.

Et ce n’est pas fini

 

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L’hypocrisie macronienne.

7 Mars 2026, 09:37am

Publié par Bernardoc

Emmanuel MACRON condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU au Liban, qui a blessé deux soldats ghanéens. (Franceinfo)

Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne s’en prend aux forces pacifiques de l’ONU. Mais si l’ONU reste malgré tout le symbole du droit international qu’il piétine allègrement, il continue d’agir impunément soutenu par le dérangé d’outre-Atlantique.

Rappelons qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre le criminel de guerre Netanyahou afin qu’il soit déféré à la Cour Pénale Internationale. Or, il y a quelques mois, malgré ce mandat, il a survolé l’espace aérien français. Croyez-vous qu’on a envoyé des Rafales pour obliger son avion à se poser afin d’interpeller ce dirigeant de la plus extrême des droites ? Pas du tout, on a fermé les yeux.

Combien de morts en moins si l’état d’Israël avait pu prendre une autre orientation ? Combien de pas supplémentaires vers la paix ?

La France peut avoir une voix qui porte au sein de l’ONU (rappelons-nous de Villepin), et ce n’est pas un hasard si Trump veut sa fin : si les USA sont le gendarme du monde afin de le modeler à son image, il a intérêt à construire une organisation à sa botte. Il est donc important que la France participe à l’application des décisions onusiennes.

Et ce n’est pas fini...

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Les accidents du travail explosent : "3 morts par jour en 2023, sans compter les suicides"

6 Mars 2026, 11:58am

Publié par Bernardoc

  • In Marianne du 3 mars 2026

Spécialiste des conditions de travail, Jean-Claude DELGENES tire la sonnette d’alarme. Les chiffres publiés par différents instituts soulignent une dégradation des conditions de travail. Accidents, sinistralités, stress… Il propose d’inscrire dans la loi l’écoute du salarié pour prévenir les catastrophes. Un enjeu majeur économique et démocratique.

À la veille d’un nouveau cycle électoral, il est nécessaire de rappeler un enjeu majeur : le travail. Il occupe près des deux tiers de notre vie éveillée. Il structure nos existences, nos équilibres familiaux, notre santé, notre place dans la société. Depuis des années, avec d’autres spécialistes de la santé au travail, j’alerte sur la progression des risques professionnels. Ce que nous observons aujourd’hui n’est plus une lente dégradation. C’est un basculement.

Les indicateurs ne frémissent plus, ils s’emballent. En 2023, 759 accidents mortels du travail ont été recensés, soit près de trois morts par jour. À cela s’ajoutent 332 décès liés aux accidents de trajet et 196 dus à des maladies professionnelles. Au total, 1 287 décès en lien avec le travail en une seule année.

Ces chiffres sont difficiles à regarder. Ils sont pourtant indispensables à comprendre. À ces données s’ajoutent les suicides. Environ 9 000 par an en France. Selon plusieurs spécialistes, plusieurs centaines présenteraient une présomption d’imputabilité professionnelle. Ces drames surviennent majoritairement en dehors du lieu de travail, souvent au domicile, dans le silence du temps de repos. Les équipes de Technologia ont pris en charge, ainsi au cours des derniers mois, une dizaine de crises suicidaires liées au travail.

Dans le même temps, la sinistralité reste à un niveau extrêmement élevé : 76,6 millions de journées d’incapacité temporaire en 2023, contre 72 millions l’année précédente. Des milliers de travailleurs ne tombent pas d’un échafaudage, mais s’effondrent après un épuisement physiologique, après un stress chronique prolongé, après une perte de sens. Les travaux internationaux, notamment l’étude Interheart, soulignaient déjà en 2004 le rôle majeur du stress chronique dans la survenue des crises cardiovasculaires, estimant entre 3 500 et 4 000 le nombre de décès annuels liés à ce facteur. Là encore, ces morts surviennent le plus souvent à domicile, hors du regard de l’entreprise.

Combien de décès aujourd’hui sont liés au stress chronique professionnel ? Combien à l’effacement des frontières entre vie privée et vie professionnelle sous l’effet des smartphones apparus en 2007 ? Combien à l’irruption de l’intelligence artificielle, qui installe une insécurité psychologique diffuse, faite de peur du remplacement et de course permanente à l’adaptation ?

Une autre évolution, plus silencieuse encore, marque ce basculement. Il y a deux ans, la commission chargée d’évaluer la sous-déclaration des maladies professionnelles en vue du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) a estimé que 108 000 pathologies psychiques liées au travail auraient dû être reconnues. Dans les faits, seules 1 814 l’ont été en 2022 au titre des maladies professionnelles. En parallèle, près de 29 000 accidents du travail d’origine psychique ont été reconnus. Autrement dit, la souffrance mentale progresse massivement, mais elle reste largement invisibilisée dans notre système de reconnaissance.

Ce décalage n’est pas technique. Il est politique. Le travail protège de moins en moins. L’enquête européenne sur les conditions de travail d’Eurofound (2022) place la France parmi les pays les plus dégradés du continent : près de 40 % des actifs occupent un emploi dit « tendu », où les exigences excèdent les ressources disponibles. La France se situe à l’avant-dernier rang parmi les 36 pays étudiés à égalité avec l’Albanie. Ce n’est pas une simple statistique. C’est le signe d’un modèle d’organisation du travail qui fragilise le monde du travail.

On ne peut pas prétendre protéger la santé mentale tout en organisant le travail sans écouter les travailleurs. On ne peut pas transformer les organisations en laissant les salariés et leurs représentants à distance des décisions qui structurent leur quotidien. Pourtant, le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Mais parmi les neuf principes généraux de prévention, aucun ne mentionne explicitement l’écoute du travail réel.

Cette absence constitue une fragilité majeure : L’écoute des salariés et de leurs représentants doit devenir le premier principe général de prévention, inscrit à l’article L.4121-2 du Code du travail. Lorsque l’absentéisme progresse et que 3/4 des employeurs déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, ce n’est pas uniquement une question de marché du travail. C’est le symptôme d’un rapport fragilisé au travail.

Inscrire l’écoute des travailleurs et de leurs représentants au cœur de notre droit de la prévention serait une avancée structurante. Ce serait reconnaître que la santé mentale au travail n’est pas une variable d’ajustement, mais un enjeu central pour l’avenir du pays comme l’a déclaré un premier ministre il y a quelques mois ou comme le dénombre la commission du Sénat qui s’est emparé de cette question fin février (1).

Ce serait aussi engager une transformation des modes de management, encore trop verticaux, trop « Louis Quatorzien » comme l’a souligné un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). On ne transformera pas durablement le travail contre celles et ceux qui le font. Si rien ne change, nous verrons croître les inaptitudes, les exclusions précoces, la désaffiliation progressive d’une partie de la population active, avec un impact direct sur la productivité et la cohésion sociale. Si nous agissons, le travail peut redevenir un facteur de santé et un pilier du lien social. Faire de l’écoute des travailleurs le premier principe général de prévention n’est pas une revendication sectorielle. C’est une condition de vitalité démocratique et… économique.

Et ce n’est pas fini...

 

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