Selon l'Unicef, plus de 2 000 enfants dorment à la rue en France, un chiffre en augmentation
In Marianne du 29 août 2025
Alors que les préparatifs de rentrée emplissent les rayons et les esprits, un chiffre glaçant passe sous les radars : plus de 2 000 enfants dorment chaque soir sans solution d’hébergement.
À l’heure où les rayons de supermarché annoncent la rentrée avec des cahiers à grands carreaux et des stylos quatre couleurs, plus de deux mille enfants, eux, n’ont même pas un lit. Le dernier baromètre de l’Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité recense précisément 2 159 enfants sans solutions d’hébergement au 115, dont 503 ont moins de trois ans. Une donnée qui grimpe d’année en année : + 6 % depuis 2024, + 30 % depuis 2022. Le slogan « zéro enfant à la rue » promis par les gouvernements successifs est devenu une ligne de plus dans le grand carnet des renoncements collectifs.
Et encore, ce chiffre est une estimation basse. Il ne tient pas compte des mineurs isolés, des enfants en bidonvilles, ni de ceux qui dorment chez des proches, faute d’alternative. Pour beaucoup, la nuit se passe dans un hôtel insalubre, dans une tente ou une voiture : 79 % des familles qui contactent le 115 ont passé la nuit précédente dehors.
La cause ? Un système d’hébergement saturé depuis des années, sans que les budgets suivent. Officiellement, les places sont « stabilisées depuis 2021 », selon le ministère du Logement, mais la demande, elle, explose. À Mayotte, un tiers de la population vit en habitat précaire. À La Réunion, l’Unicef comptait en 2024 plus de 1 000 enfants sans solution, dont 330 de moins de trois ans.
En métropole aussi, certaines régions cumulent les records : l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l'Occitanie et les Hauts-de-France sont les territoires les plus concernés. Partout, les collectifs citoyens rapportent des situations de plus en plus critiques : des familles qui dorment dans les gymnases, des mères avec des bébés dans des parkings, des enfants privés de sommeil et de douche avant d’aller à l’école…
En 2024, 885 personnes sont mortes à la rue. Trente-et-une étaient des enfants. Le nombre d’enfants de moins de trois ans non hébergés a bondi de 8 % en un an, et de 37 % depuis 2022. Les associations réclament 10 000 places supplémentaires, dont 1 000 pour les femmes enceintes ou sortant de maternité.
Et ce n’est pas fini...
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