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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

Des millions de Français dans la crainte du lendemain

19 Décembre 2025, 16:14pm

Publié par Bernardoc

L’année 2025 est encore une période difficile pour de très nombreux Français. C’est l’enseignement principal du 19e.baromètre de la pauvreté et de la précarité réalisé par Ipsos pour le Secours populaire français. Chaque année depuis 2007, ce questionnaire livre un état des lieux des difficultés, des privations et de la vulnérabilité sociale des Français.

La nouvelle édition du baromètre témoigne d’une situation sociale qui demeure très préoccupante. Malgré la pause marquée par l’inflation, qui a permis à une partie de la population de reprendre son souffle, les Français continuent de souffrir en matière d’accès à l’alimentation, aux soins, aux loisirs. Il en découle que la santé mentale de ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts reste très mal orientée.

Signe que la précarité se diffuse dans la société et s’ancre dans le quotidien, près de trois Français sur cinq connaissent un proche vivant une situation de pauvreté (57 %) ; que ce soit un membre de la famille, un ami ou une connaissance. La pauvreté monétaire – percevoir moins de 1 216 euros par mois pour une personne seule – frappe en particulier les femmes qui élèvent seules leurs enfants, et les chômeurs, comme l’a établi l’Insee. Sa dernière étude sur la question note que l’inflation avait fait gonfler, en 2023, les chiffres de la pauvreté à un niveau record depuis 1996. Un phénomène sur lequel les associations de solidarité alertaient depuis plusieurs années, et continuent de le faire.

Dans ces conditions, il est compréhensible que les Français restent inquiets : un tiers d’entre eux estime qu’il existe un risque « important », voire « très important » de basculer dans la précarité « dans les prochains mois ». Cette inquiétude s’explique par la crainte que leur capacité financière, leur épargne, soient insuffisantes pour faire face à un impondérable, comme une augmentation du prix des carburants ou la nécessité de venir en aide à un membre de la famille. La crainte d’une dépense imprévuela chaudière qui tombe en panne, réparer la voiture après un accident ou des lunettes à changer – est douloureusement ressentie par une proportion toujours aussi importante de répondants (59 %) depuis la précédente édition du baromètre.

Ce type de préoccupations illustre la vulnérabilité économique d’une grande partie de la population. Celle-ci vit au jour le jour avec l’angoisse de ce que peuvent apporter les lendemains qui déchantent. Vivre sur le qui-vive est néfaste pour la santé mentale. Celle-ci se dégrade parmi les personnes ayant du mal à boucler leur budget : 74 % se disent « tristes, déprimées ou désespérées ». C’est 2 % de plus que l’année précédente. Les privations permanentes pèsent encore plus cruellement sur le psychisme des parents qui ont répondu au baromètre : un sur deux (49 %) confie se sentir coupable de ne pas pouvoir offrir à ses enfants ce qui leur fait envie.

Une situation qui se retrouve souvent puisque 20 % des enfants vivent officiellement dans une famille confrontée à la pauvreté. Ce n’est pas pour rien qu’une personne aidée sur trois par le Secours populaire est un enfant. Une partie importante du temps de bénévolat est consacrée à prodiguer un suivi scolaire, une aide matérielle et alimentaire, à favoriser la pratique d’un sport, ainsi que l’accès à la culture et aux loisirs.

La pauvreté se traduit toujours par des privations. Si la pause mesurée dans l’inflation générale a permis à des catégories de la population de reprendre leur souffle, les difficultés rencontrées restent élevées pour de très nombreux Français dans des domaines essentiels. Ainsi, près de la moitié d’entre eux (45 %) n’a pas pu facilement « payer certains actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale ». De même, les contraintes en matière d’alimentation ont continué à augmenter : près d’un tiers des personnes interrogées (31 %) a eu du mal à se « procurer une alimentation saine » leur permettant « de faire 3 repas par jour ». C’est 1 point de plus que l’année précédente.

Un niveau de privation qui explique que dans certains libres-services alimentaires du Secours populaire, les bénévoles ont vu affluer jusqu’à 40 % de demandes supplémentaires. Ils ont aussi multiplié les initiatives pour proposer une alimentation de qualité, notamment via des jardins solidaires, des ateliers nutrition ou des partenariats avec des producteurs locaux bio.

Moins souvent évoquée dans le débat public que les privations de biens vitaux, la limitation, voire le renoncement, aux loisirs est pourtant très répandue. Près des deux tiers des personnes ayant participé au baromètre (64 %) déclarent avoir été, cette année encore, dans l’incapacité financière de faire des sorties ou de profiter de loisirs en famille. Pour les sorties les plus onéreuses, comme le cinéma ou le restaurant, pas moins de 60 % des personnes ont dû y renoncer. Et encore plus de la moitié de la population (56 %) a même dû restreindre ses déplacements, en voiture mais aussi en transports en commun.

À travers ces éléments, le baromètre dépasse la focalisation sur les besoins vitaux et illustre aussi des privations moins visibles car elles portent sur des besoins souvent jugés non essentiels, comme les déplacements ou les loisirs. La pauvreté n’est, en effet, pas seulement le fait d’être privé de tout, d’être contraint d’avoir une calculette dans la tête, c’est aussi pour un individu ou un groupe l’impossibilité de prendre toute la place qui lui revient dans la société, comme l’a souligné le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).

C’est pourquoi l’aide alimentaire et matérielle d’urgence est organisée comme une porte d’entrée vers un accompagnement plus large parce qu’il paraît inconcevable aux yeux de ses bénévoles d’« accepter que la partie la plus pauvre de la population soit privée de ces biens communs qui participent de la citoyenneté, de l’autonomie ».

Ce refus de la résignation est d’autant plus important à cultiver que, par rapport à la génération de leurs parents, les Français ont de plus en plus le sentiment d’être confrontés à une dégradation de leur accès à l’emploi (59 %, + 2 points), à la santé (50 %, + 1), à un logement décent (46 %, + 2) et aux vacances (45 %, + 3). Ce déclassement social perçu par la moitié de la population est lourd de menaces, de colère et de rejet de l’autre. Heureusement, la solidarité est privilégiée, du moins pour le moment. Le dernier enseignement de ce baromètre est que, dans ce panorama sombre, les Français sont toujours aussi nombreux à souhaiter participer à la grande chaîne de l’entraide : près d’un sur deux (48 %) se dit « prêt à consacrer du temps à une association de solidarité » et à permettre à chacun de participer pleinement à la société.

Eh bien Macron, le ruissellement c’est pour quand ?

Et ce n’est pas fini...

 

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Ambroise, reviens !

17 Décembre 2025, 11:33am

Publié par Bernardoc

Mutuelles : les cotisations des assurés en hausse de plus de 4 % en 2026

In Le Monde du 17 décembre 2025

Le chiffre est rendu public à un moment de fortes tensions autour des économies en santé. Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) arrive au terme de son marathon parlementaire, et devait être soumis au vote solennel des députés, mardi 16 décembre, la Mutualité française dévoile, ce même jour, des données-clés sur les nouveaux tarifs. En 2026, les cotisations des assurés devraient augmenter de plus de 4 %, en moyenne, selon l’enquête annuelle menée par cette fédération qui représente 500 mutuelles et environ la moitié du marché des complémentaires santé (avec, aussi, des instituts de prévoyance et des assureurs). Voilà plusieurs années que la tendance haussière se maintient : il y a un an, la Mutualité avait annoncé une hausse de 6 % pour 2025. Elle avait atteint 8 % l’année précédente. Un record.

En 2026, elle devrait donc être moindre, mais toujours ­soutenue. Cette hausse devrait s’élever à 4,3 % pour les contrats ­individuels et 4,7 % pour les contrats collectifs. Pour l’expliquer, la ­Mutualité invoque des dépenses de santé qui « resteront dynamiques », tout en rappelant la nécessité, pour ces organismes, d’être à l’équilibre, « conformément à leurs obligations prudentielles » – autrement dit,de ne pas s’endetter. Dans son communiqué diffusé mardi, la fédération dénonce un projet de budget de la Sécurité sociale « irresponsable » et une enveloppe pour la santé « insincère ».

L’évolution des cotisations est annoncée dans un contexte budgétaire éruptif : l’exécutif a inscrit une taxe de 1 milliard d’euros sur les mutuelles, à l’article 7 du budget de la « Sécu ». Un sujet très débattu par les parlementaires. D’abord rejetée par l’Assemblée nationale en première lecture, avec de nombreux élus, de gauche notamment, dénonçant le risque d’une hausse des cotisations pour les assurés qui en découlerait, la taxe a été rétablie par le Sénat. Avant un dernier retournement : en deuxième lecture, les députés ont changé leur fusil d’épaule, conservant cette « contribution » de 1 milliard d’euros – les socialistes ne s’y opposant pas, cette fois-ci. Les 100 millions d’euros de taxes supplémentaires, qui avaient été envisagés par l’exécutif pour contribuer au financement de la suspension de la réforme des retraites, n’ont finalement pas été retenus dans la version finale du texte.

L’argumentaire du gouvernement est connu : cette taxation fait suite à l’abandon, il y a près d’un an, du projet de hausse du « ticket modérateur » – soit la somme restant à la charge des patients sur les consultations médicales et les médicaments, le plus souvent couverte par leurs complémentaires. Dès janvier, la ministre de la santé d’alors, Catherine VAUTRIN, avait ainsi annoncé son intention de « récupérer » le milliard d’euros qu’auraient anticipé les mutuelles en prévision de cette mesure, finalement écartée. Une version contestée par les organismes complémentaires, qui ne cessent de répéter, depuis, que leurs tarifs sont fixés durant l’été, bien en amont des débats budgétaires.

Automne après automne, les hausses de tarifs des assureurs santé alimentent un bras de fer entre leurs représentants et les gouvernements successifs.

Les premiers défendent des augmentations imputées à la hausse des dépenses de santé ou encore aux « transferts de charges » de l’Assurance-maladie à leurs dépens (sur les soins dentaires, par exemple). L’État souligne, pour sa part, une contribution toujours plus importante de l’Assurance-maladie obligatoire. Le 29 octobre, la ministre de la santé, Stéphanie RIST, a annoncé une mission sur la répartition entre l’Assurance-maladie obligatoire et la complémentaire.

Un amendement au PLFSS, porté par les socialistes et adopté dans l’Hémicycle, vise à « s’assurer que les organismes d’assurance-maladie complémentaires ne vont pas répercuter » cette taxe sur les contrats des assurés de 2027. Il prévoit, pour cela, une « négociation » entre le gouvernement et ces ­organismes d’ici le 31 mars. Reste qu’il est déjà dénoncé comme « incantatoire » par ses opposants.

Et ce n’est pas fini...

A

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À contre-courant de l’austérité généralisée, le gouvernement veut faire exploser le budget des armées

10 Décembre 2025, 16:12pm

Publié par Bernardoc

In L’Humatinale du 10 décembre 2025

Le gouvernement organise ce mercredi 10 décembre un débat à l’Assemblée sur la défense nationale, après une multiplication des discours martiaux. Dans un contexte d’austérité, l’enveloppe consacrée aux armées est l’une des seules à augmenter.

Les moyens alloués au ministère des Armées connaissent en France une montée en puissance vertigineuse. De 47 milliards d’euros en 2024, ils devraient atteindre 68,9 milliards en 2030, soit une hausse de 47 %. Sur les six ans de la loi de programmation militaire (LPM) allant de 2024 à 2030, pas moins de 400 milliards d’euros devraient être dédiés au budget des armées.

Voir plus encore, puisque la LPM pourrait être actualisée en début d’année prochaine. Le projet de budget 2026 prévoit d’ailleurs une augmentation des fonds de défense de 6,7 milliards d’euros par rapport à 2025, soit 3,5 milliards de plus que ce qui était prévu dans l’actuelle LPM, déjà dépassée.

Si le projet de loi de finances venait à être adopté en l’état, les dépenses militaires seraient au final la seule ligne de crédit à augmenter (avec la contribution à l’Union européenne et les intérêts de la dette), alors que l’éducation et l’hôpital sont au régime sec…

Et ce n’est pas fini...

 

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Le Mexique pousse son salaire minimum toujours plus haut

6 Décembre 2025, 11:17am

Publié par Bernardoc

In Les Echos du 5 décembre 2025

Où l’on voit que la droite utilise toujours les mêmes arguments pour combattre le progrès social, quel que soit le continent.

L'annonce d'une nouvelle augmentation de 13 % du salaire minimum au Mexique confirme la politique sociale ambitieuse de la gauche.Elle a permis une réduction significative de la pauvreté, mais le recul de la productivité inquiète les milieux économiques.

Le Mexique est engagé dans une expérience socio-économique audacieuse. La présidente de gauche, Claudia SHEINBAUM, l'a annoncé ce mercredi : les Mexicains verront leur salaire minimum augmenter de 13 % en 2026. Il sera porté à 15 euros (315 pesos) par jour, soit 449 euros (9.582 pesos) par mois. Loin d'être une mesure isolée, la politique de revalorisation du salaire minimum est la pierre angulaire de l'agenda social du gouvernement mexicain, qui a permis de tripler le salaire minimum journalier entre 2018 et 2025.

« Une correction historique nécessaire qui avait été trop longtemps reportée, pour le directeur de l'Institut mexicain des experts-comptables, Rolando Silva Briceño. Ces augmentations sont perçues comme radicales, mais en réalité, elles viennent combler des décennies de retard salarial accumulé. » Les revalorisations successives auraient permis, selon une analyse de la Commission nationale des salaires minimums, de sortir de la pauvreté 6,6 millions de personnes.

« Tout cela est fantastique dans un contexte de croissance », raille Sofia RAMIREZ, directrice de l'observatoire économique 'Mexico, como vamos ?'. Mais comme le souligne cette analyste, la productivité du Mexique stagne, et a même « régressé » pour revenir à ses niveaux de 2018.

Cette divergence croissante est la principale source d'inquiétude pour les économistes, qui la décrivent comme une course contre la montre. Pour Sofia RAMIREZ - classée en 2024 par « Forbes Mexico » parmi les économistes les plus influentes du pays -, le gouvernement raisonne « de façon purement arithmétique ». Elle rappelle que la productivité avait bondi pendant la pandémie parce que l'emploi informel s'était effondré. « Une productivité artificielle, dit-elle. On ne peut pas bâtir une politique durable sur une illusion statistique. »

Le risque le plus immédiat est le transfert des coûts salariaux accrus vers les prix à la consommation. Le secteur des services est particulièrement exposé : selon les prévisions de Banamex, il devrait subir des pressions inflationnistes persistantes.

Face à cette augmentation des coûts, les entreprises pourraient être poussées à ajuster leur modèle. Rolando SILVA évoque le risque d'une substitution technologique, où les employeurs investissent dans la robotisation pour remplacer la main-d'oeuvre. L'expert évoque également le risque d'un impact sur toute la grille salariale : « Pour maintenir les écarts de rémunération, les salaires des cadres doivent aussi être augmentés », alourdissant l'ensemble de la masse salariale.

Le marché du travail montre déjà des signes de tension. La création d'emplois formels stagne, tandis que l'économie informelle a gagné du terrain, augmentant récemment de près de 2 points, pour atteindre 56 % de la main-d'oeuvre. Ce sont les micro et petites entreprises, souvent moins productives, qui sont les plus affectées. Dans ces structures, le salaire minimum annuel pèse déjà plus de 70 % du salaire moyen. « Je ne doute pas que certains chefs d'entreprise soient contraints de réduire leurs effectifs, mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que cette augmentation se transforme en un frein à la création d'emplois. Peut-être ne licencieront-ils personne, mais si quelqu'un part, ils n'embaucheront pas de remplaçant », prévoit encore Sofia RAMIREZ.

Malgré ces avertissements, le gouvernement mexicain affiche une détermination politique sans faille à poursuivre son programme social. Claudia SHEINBAUM a clairement indiqué qu'elle continuerait à miser sur des augmentations de salaire significatives. L'objectif affiché est d'atteindre une capacité d'achat de 2,5 « canastas basicas » (ou paniers de biens essentiels, un concept utilisé au Mexique pour mesurer le pouvoir d'achat) par mois, d'ici à 2030.

Et ce n’est pas fini...

 

 

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Ces restos qui fraudent le fisc à fond la caisse

4 Décembre 2025, 10:37am

Publié par Bernardoc

In Le Canard enchaîné du 3 novembre 2025

Bercy traque les logiciels qui font artificiellement baisser le chiffre d'affaires.

«NOUVELLE DESCENTE, hier soir, dans 10 établissements du XIe arrondissement », « 70 restaurants perquisitionnés en trois jours », « Ils vérifient les logiciels de caisse et la compta »... Depuis plus d'un mois, des boucles WhatsApp de restaurateurs se font l'écho de coups de filet opérés au sein d'un milieu pourtant réputé peu bavard.

Selon les éléments recueillis par « Le Canard », ces visites inopinées visent des brasseries parisiennes équipées d'un matériel de caisse installé par une petite boîte de l'Aude, Morel CHR. Employant un seul salarié et dépourvue de locaux, celle-ci verse à son actionnaire unique 500 000 euros de dividendes par an. Une bonne petite affaire ! Depuis deux ou trois ans, de plus en plus de restos ont recours à ses services. « C'est un secret de polichinelle dans le milieu : elle refourgue un système avec un logiciel de caisse bidouillé qui permet de faire du black », glisse un restaurateur.

Le logiciel en question a été développé par Phare Software, une microsociété de Marseille. Il est dans le collimateur du fisc depuis que deux restaurants normands se sont fait rattraper par la patrouille : grâce à une clé USB, ils pouvaient, en deux clics, supprimer des opérations et ainsi diminuer leur chiffre d'affaires déclaré. Contactées par le Volatile, les deux boîtes ne se sont pas manifestées en retour.

Depuis 2018, les restos doivent utiliser un logiciel de caisse - certifié par un organisme accrédité - qui mémorise et enregistre au fur et à mesure tous les paiements reçus. Mais il y a un trou dans la raquette : la certification n'est pas obligatoire. Pour être conciliant, Bercy a permis aux éditeurs de logiciels de s'autocertifier en rédigeant une simple attestation affirmant que leur système « correspond aux critères de la loi ». Censé représenter l'arme absolue contre la fraude, le logiciel de caisse est ainsi devenu l'outil magique des margoulins, et l'affaire n'a pas échappé à l'administration fiscale, qui multiplie les contrôles. En 2022, un distributeur de logiciels bidouillés et ses complices ont écopé de plus de 1,2 million d'euros d'amende. Une note plutôt salée.

En théorie, l'autoattestation - qui n'existe dans aucun autre pays d'Europe — vit sa dernière année. Magnanime, Bercy a laissé aux éditeurs concernés jusqu'au 1erseptembre 2026 pour se faire certifier. Rien ne presse : il ne s'agit que de mettre en vigueur une mesure décidée en... 2016.

Depuis des mois, cependant, les parlementaires sont la cible d'un lobbying forcené contre la fin programmée des autoattestations. Une flopée de petites boîtes affolées invoquent la sauvegarde de l'emploi. A l'Assemblée, en pleine discussion sur le budget 2026, un amendement rétablissant l'autoattestation a été adopté le 20 novembre par 128 voix (RN, EPR, ciottistes et Liot), 22 contre (Écologistes) et 52 abstentions (LFI, PS et Horizons).

Au Sénat, le même amendement a été déposé dix fois, y compris par le groupe communiste, avant le débat en séance, le 2 décembre. La preuve que les parlementaires savent remettre le couvert ?

Et ce n’est pas fini...

 

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Netanyahou demande une grâce présidentielle dans son procès pour corruption

2 Décembre 2025, 11:56am

Publié par Bernardoc

In Marianne du 30 novembre 2025

Rappel : on ne demande grâce que lorsqu’on est coupable.

Le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU, a officiellement demandé une grâce présidentielle dans son procès pour corruption, pour mettre fin, selon lui, aux divisions suscitées dans le pays par ses démêlés judiciaires, fort du soutien de Donald TRUMP qui avait demandé un tel geste à son homologue israélien. Benyamin NETANYAHOU, qui nie toute faute dans ces affaires, est régulièrement entendu dans le cadre d'au moins trois procédures judiciaires, dans lesquelles aucun jugement n'a encore été rendu.

Les services du président israélien Isaac HERZOG ont annoncé dimanche qu'il avait adressé au président « une demande de grâce exceptionnelle, aux conséquences significatives ». « Après réception de tous les avis, le Président de l'État examinera la requête avec responsabilité et sérieux », ont-ils ajouté dans un communiqué.

Tout en affirmant vouloir mener le procès à terme pour prouver son innocence, le Premier ministre a ensuite justifié cette demande au nom de « l'intérêt public » dans une vidéo diffusée par ses services, mettant en avant les « immenses défis » que le pays doit relever.

« La poursuite du procès nous déchire de l'intérieur, suscitant de vives divisions et intensifiant les fractures », a plaidé Benyamin NETANYAHOU dans sa vidéo, sur fond de vives divisions politiques entre ses partisans et ses détracteurs. « Je suis certain, comme beaucoup d'autres dans le pays, que la fin immédiate du procès contribuera grandement à apaiser les tensions et à promouvoir la réconciliation générale dont notre pays a tant besoin », a-t-il poursuivi.

Rappelant que son procès avait débuté il y a près de six ans, il a aussi affirmé que témoigner trois fois par semaine était « une exigence impossible à satisfaire ».

Le ministre de la Défense, Israël KATZ, a affirmé dans un communiqué soutenir la demande de grâce pour « mettre fin à la déchirure profonde qui accompagne la société israélienne depuis une décennie, et de permettre à l'État de se rassembler de nouveau face aux défis et aux opportunités qui se présentent à nous ». Le ministre des Finances, Bezalel SMOTRICH, a quant à lui estimé que « Netanyahou a été persécuté pendant des années par un système judiciaire corrompu qui a fabriqué des affaires politiques contre lui ».
Dans l'opposition, les critiques contre cette demande n'ont pas tardé, le chef de l'opposition, Yaïr LAPID, demandant au président Herzog dans une vidéo de ne « pas accorder une grâce à Netanyahou sans qu'il ne reconnaisse sa culpabilité, exprime des remords et se retire immédiatement de la vie politique ». Yaïr GOLAN, chef du parti « Les Démocrates » (gauche), a lui aussi appelé, sur X, à ce que le Premier ministre « prenne ses responsabilités, reconnaisse sa culpabilité, quitte la politique et libère le peuple et l'État, seule manière d'obtenir l'unité nationale ».

En septembre, Isaac HERZOG avait laissé entendre qu'il pourrait lui accorder une grâce, déclarant dans un entretien à la radio de l'armée que le procès du Premier ministre « pes(ait) lourdement sur la société israélienne ». Donald TRUMP, avait d'ailleurs écrit à Isaac HERZOG plus tôt ce mois-ci pour lui demander d'accorder une grâce à M. Netanyahu.

Benyamin NETANYAHOU est accusé, ainsi que son épouse, Sara, d'avoir accepté des produits de luxe d'une valeur de plus de 260 000 dollars (environ 225 000 euros), tels que cigares, bijoux et champagne, de la part de milliardaires, en échange de faveurs politiques. Dans deux autres affaires, il est accusé d'avoir tenté de négocier une couverture plus favorable dans deux médias israéliens.

A 76 ans, il est le Premier ministre israélien ayant passé le plus grand nombre d'années en exercice, avec plus de 18 ans à la tête d'Israël depuis 1996. Il a annoncé qu'il se présenterait aux prochaines élections, qui auront lieu avant la fin de l'année 2026.

Au cours de son mandat actuel, qui a débuté fin 2022, son parti a proposé des réformes judiciaires de grande envergure qui, selon ses détracteurs, visaient à affaiblir les tribunaux. Son projet a déclenché des manifestations massives qui n'ont pris fin qu'après le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Dans le passé, l'ancien Premier ministre israélien Ehud OLMERT, interrogé par la police dans une présumée affaire de corruption, avait démissionné en 2009 avant d'être jugé et condamné à 27 mois de prison pour fraude. Benyamin NETANYAHOU est le premier chef de gouvernement en fonction de l'histoire d'Israël à être mis en examen pour corruption.

Vous verrez que bientôt il candidatera au Nobel de la paix.

Et ce n’est pas fini...

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Journal d’une Gazaouie

30 Novembre 2025, 14:00pm

Publié par Bernardoc

in Libération du 30 novembre 2025 (extraits)

«La force, ce n’est pas seulement survivre au danger, c’est continuer de soigner, d’apporter de l’espoir»

Nour Z. Jarada vit à Gaza depuis toujours. Pour «Libération», cette psychologue de Médecins du monde raconte son quotidien dans l’enclave palestinienne.

Je vous écris depuis mon lit, dans ma maison, à Gaza. Vous ne pouvez imaginer ce que ce détail anodin représente pour moi. C’est l’une de ces banalités du quotidien que l’on tient pour acquise. Et pourtant, chaque minute que je passe allongée ici me submerge d’une gratitude immense et presque coupable d’être encore là. Je regarde autour de moi, et la stupéfaction m’envahit. Après deux ans de guerre interminable et impitoyable, deux ans au cours desquels nous avons goûté à toutes les formes de souffrance possibles, je peux enfin le reconnaître : je suis une survivante.

Lorsque le cessez-le-feu a été déclaré en octobre, nous avons tous regardé les images. Poignées de mains, sourires forcés et embrassades, comme une mise en scène au cinéma. Le monde applaudissait. Des appels arrivaient de toutes parts : des félicitations pour la paix retrouvée, des louanges pour la sécurité rétablie. Et pourtant. Je n’éprouvais rien. Nous étions en état de sidération, comme si cette nouvelle parvenait à un peuple déjà vidé par la peur et par la perte. Une cérémonie, une signature ou encore une conférence de presse allaient-elles effacer ce que nous avions subi ? Pouvaient-elles soulager nos cœurs de ces années de terreur ? Non. La mémoire ne s’efface pas dès que les obus cessent de tomber. Elle est gravée. Elle est éternelle.

En tant que psychologue, je reconnais la paralysie qui suit un traumatisme bien trop long. Après avoir subi des menaces incessantes, l’esprit se replie. Il verrouille toutes les émotions prêtes à nous submerger. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est un mécanisme naturel de survie.

Le cessez-le-feu a offert quelques mesures concrètes : un premier échange de prisonniers, des promesses d’aide humanitaire. Mais, même si les bombardements se sont tus, le silence n’a pas étouffé toutes les violences. Celles qui continuent de nous meurtrir : les attaques isolées, les civils encore blessés et tués. Autant de rappels qu’ici, toute trêve est aussi fragile que du papier.

L’ampleur des pertes humaines reste encore à quantifier. Des dizaines de milliers sont morts et des milliers d’autres ont disparu, engloutis sous les ruines. Des familles cherchent désespérément le nom d’un proche dans des listes interminables de disparus. La majorité de la population de Gaza erre, déplacée et déracinée. Sans toit, sans nourriture, sans soins.

Depuis la trêve, nous avons vu ressurgir les vivants. Des prisonniers amaigris, vacillants, les yeux perdus à la recherche de proches qui n’existent plus. Et puis, reviennent aussi les corps, marqués par la torture et l’abandon. Des mères reconnaissent leurs enfants à des reliques minuscules : une bague, une cicatrice, une chemise brûlée. Ces scènes ont balayé ce qui restait de notre foi dans les grands discours du droit international et sa liturgie soignée des droits humains.

On nous répète que la guerre est terminée. Mais les jours d’après ne sont qu’une succession d’autres batailles : des batailles pour l’eau, le pain, les médicaments. La guerre s’est peut-être arrêtée sur le papier, mais la destruction nous encercle : des maisons éventrées, des écoles transformées en refuges improvisés, et des hôpitaux qui tiennent à peine debout. Ceux qui célèbrent à l’étranger peuvent-ils nous dire comment nous allons reconstruire nos vies ? Où dormirons-nous, que mangerons-nous ? Comment renaître quand tout ce qui rendait la vie possible a été réduit en poussière ?

Revenir à Gaza début novembre a été un choc et un réconfort. J’avais attendu, incertaine que la guerre soit vraiment terminée. L’exil nous avait vidés de notre force, de nos économies, de notre espoir. Mais en y revenant, j’ai marché dans les rues avec un regard neuf. Gaza reste d’une beauté bouleversante. Une beauté forgée dans la ténacité : des gens déblayent les ruines de leurs maisons à mains nues. Des voisins accueillent les déplacés les bras ouverts. Des enfants reprennent le chemin de l’école, improvisée sous des tentes. Tandis que les effluves d’un restaurant se répandent à nouveau dans l’air, comme une célébration farouche de la vie.

Mais en même temps, les marques de ce que nous avons perdu sont partout. Pendant la guerre, des centaines, des milliers de nos jeunes sont partis à la faveur d’une évacuation ou grâce à des bourses d’études, ne serrant contre eux que leurs papiers et leur chagrin. Ce sont des esprits brillants, acharnés, en quête d’éducation et de sécurité. Mais leurs cœurs, eux, n’ont jamais franchi la frontière. Ils sont déchirés entre l’espoir d’un avenir meilleur et la crainte d’un départ vers un exil sans retour.

Chez Médecins du monde, nous sommes revenus préparer la réouverture de nos cliniques dans le nord de Gaza, dont un grand nombre a été endommagé ou réduites à néant pendant la guerre. Nous continuons de soigner les corps meurtris et les âmes ravagées, tout en répondant aux besoins urgents malgré les ressources insuffisantes.

Nous, Gazaouis, comptons soigneusement les morts, les disparus et les orphelins. Chaque chiffre est une vie, une histoire, un monde de souffrance. Nous n’oublions pas : chaque nom, chaque visage reste gravé dans nos cœurs, tel un souvenir des vies brisées et du fardeau que nous portons.

Au cœur de cette douleur, nous décelons l’extraordinaire : la ténacité, la générosité, la solidarité, le sacrifice, et cet amour indestructible pour notre terre. Nous partageons ce que nous avons, même quand nous ne possédons presque rien. Nous bâtissons des écoles de fortune et préservons la dignité, même au cœur du deuil et de la reconstruction. Ces gestes ne sont pas négligeables. Ce sont les pierres angulaires pour bâtir notre guérison et le refus de sombrer dans le désespoir.

Cette guerre a fait jaillir des forces en moi que je ne soupçonnais pas. J’ai découvert que je pouvais résister et patienter, que je pouvais offrir de l’aide tout en portant le poids du deuil. J’ai appris à réconforter ceux que j’aime tout en disant adieu à des amis. J’ai vu des collègues risquer leur vie chaque jour, et des enfants, qui, malgré la faim et la peur, parvenaient encore à créer des instants de joie. La force, ça n’est pas seulement survivre au danger. C’est continuer de soigner, d’apporter de l’espoir et de protéger la dignité au milieu du chaos.

On me demande souvent : «Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis le 9 octobre ?» La réponse est simple et complexe à la fois. Certes, les combats se sont calmés par endroits et l’aide humanitaire commence à peine à atteindre certains secteurs. Mais l’essentiel demeure inchangé : nous restons dans une situation d’urgence humanitaire, des quartiers entiers n’existent plus qu’à l’état de décombres, les points de passage demeurent incertains.

Des milliers de familles attendent toujours des nouvelles de leurs disparus. Le cessez-le-feu n’a pas mis fin à notre lutte quotidienne. Il ne marque que le début d’une lente guérison, de la reconstruction des vies brisées, du deuil de ceux qui ne reviendront jamais. Le monde parle d’«après-guerre». Pour nous, ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de survie, une nouvelle étape de résilience dans une vie qui doit continuer.

Et ce n’est pas fini...

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De la liberté à la persécution…

27 Novembre 2025, 10:54am

Publié par Bernardoc

Témoignage recueilli par Amnesty international
Zahra* est étudiante à Kaboul. Elle prend le bus ou le taxi collectif chaque matin pour se rendre à l’université. Elle fait du sport, et aime retrouver ses amies pour discuter joyeusement autour d’un thé. Une vie d’étudiante des plus normales, qui lui permet de rêver à une belle carrière. Nous sommes en 2021.
Mais le 15 août de cette même année, les regards du monde entier se braquent sur l’Afghanistan : les forces armées américaines et de l’OTAN se retirent.

20 après, les Talibans ont repris le pouvoir.
Très vite, ils commencent à harceler les étudiantes au sein des campus. Ils restreignent leurs libertés, contrôlent leurs comportements, leurs choix de vêtements et leurs opportunités. Puis le couperet tombe : il sera désormais interdit pour une fille d’étudier au-delà de la 6e. Les rêves de Zahra s’effondrent.

Quelques mois seulement après l’arrivée des Talibans au pouvoir, Zahra est violemment arrêtée en pleine rue. Son crime : être sortie sans « mahram », chaperon masculin.

En prison, Zahra est détenue dans des conditions inhumaines. Elle est torturée et frôle la mort :

 
« [Les Talibans] ont commencé à m’administrer des décharges électriques [...] sur les épaules, le visage, le cou, partout où ils pouvaient [...] Ils me traitaient de prostituée [et] de garce [...] Celui qui tenait le pistolet a dit "Je vais te tuer et personne ne pourra retrouver ton corps." »
L’histoire que Zahra a confiée aux équipes d'Amnesty international montre l’urgence de défendre et d’aider la lutte des femmes afghanes dont les vies et droits ont basculé depuis le retour des Talibans. Persécutées, harcelées, réprimées, elles se battent au quotidien, dans leur pays, ou en exil, pour faire valoir leurs droits. Ensemble, nous pouvons faire entendre les voix des femmes que le régime essaie d’étouffer.
Et ce n'est pas fini...

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Si c'est Le Figaro qui le dit...

19 Novembre 2025, 14:22pm

Publié par Bernardoc

In Le Figaro du 18 novembre 2025

Les Français plébiscitent le système de santé et s’inquiètent pour son avenir.

Arrêts maladie, franchises médicales, réforme des retraites… Le budget 2026 de la Sécurité sociale (PLFSS) suscite d’âpres débats à l’Assemblée nationale depuis le 4 novembre dernier. Or les Français s’avèrent particulièrement attachés à notre système de santé et de protection sociale, mais pensent qu’il va se dégrader à l’avenir, selon un sondage Odoxa publié en exclusivité avecLe Figaro santé ce lundi. Neuf Français sur dix se disent ainsi attachés à ce système, qu’ils jugent meilleur que celui des autres pays européens ou des États-Unis. Mais 88 % d’entre eux craignent que le PLFSS 2026 ne dégrade sa qualité.

En outre, la quasi-totalité des Français (96 %) font du système de santé un enjeu clé pour la prochaine présidentielle. Et 83 % des électeurs assurent que les propositions des prochains candidats en ce domaine auront un impact important sur leur vote, révèle cette enquête, réalisée pour le lancement des États généraux de la santé et de la protection sociale, avec le concours scientifique de la chaire santé de Sciences Po. Cet événement, annoncé par la Mutualité française en juin dernier, tombe en pleine séquence parlementaire, mais vise aussi officiellement à pré­parer l’élection présidentielle de 2027. Ainsi, 90 % des sondés se disent ainsi ­attachés à leur système de santé et de protection sociale - 55 % y sont même « très attachés ».

Et pour preuve, c’est même « l’un des rares domaines où les Français pensent que leur pays dispose d’un net avantage concurrentiel sur ses voisins », commente Gaël SLIMAN, président d’Odoxa.

En revanche, les Français semblent ­lucides sur la trajectoire que semble prendre le sacro-saint État-providence, en crise depuis des décennies. Et ce, d’autant plus à l’heure des débats budgétaires sur les économies à réaliser sur les dépenses de santé. À la question « Vous, personnellement, craignez-vous que ce budget de la Sécurité sociale dégrade la qualité de notre système de santé et de protection sociale ? », 88 % des sondés ­répondent par l’affirmative, dont 51 % « oui, beaucoup ».

Par ailleurs, 82 % craignent que ce sys­tème ne devienne de toute façon plus inégalitaire à l’avenir. Cette crainte ­augmente proportionnellement à l’âge des sondés : 72 % des 18-24 ans ; 77 % des ­25-34 ans ; 81 % des 35-49 ans ; 84 % des 50-64 ans et 86 % des 65 ans et plus. Une lucidité sans doute liée à l’expérience, et au fait que, l’âge avançant, on est davantage concerné par les problématiques de santé et de pensions de retraite. Non sans un certain paradoxe, puisque ce sont les plus jeunes qui risquent davan­tage, à l’avenir, d’être pénalisés par ces potentielles inégalités…

En toute logique, la quasi-totalité des sondés - 96 % - juge que la préservation de ce système de santé et de protection sociale devrait être un sujet majeur pour le prochain président de la République ; 60 % pensent même que ce doit être « une priorité » de son action. Là encore, cette dernière conviction est proportionnelle à l’âge des sondés : elle concerne 46 % des 18-24 ans, 52 % des 25-34 ans, 59 % des 35-49 ans, 64 % des 50-64 ans et 65 % des 65 ans et plus.

Les sondés sont en outre 83 % à assurer que les propositions des candidats à la présidentielle dans ce domaine auront un impact important sur leur vote. Un chiffre en augmentation depuis neuf ans (55 % en 2016, 64 % en 2022).

Les hommes politiques semblent, du moins, avoir entendu le message. Pour la première fois en une décennie, une majorité des sondés (59 %) estime que les questions de santé et d’assurance-maladie sont souvent évoquées dans les débats ­politiques et électoraux. Une vraie bascule dans l’opinion publique : lors des précédents scrutins, les sondés déploraient qu’elles ne le soient pas, alors qu’elles représentaient déjà un sujet d’intérêt majeur pour eux. Ainsi, en 2016, avant la présidentielle de 2017, les trois quarts des Français (75 %) jugeaient ces sujets trop peu évoqués.

Toutefois, les Français aspirent surtout à prendre part au débat : 82 % pensent qu’une consultation directe des citoyens serait pertinente pour identifier leurs besoins et attentes en matière de santé et protection sociale.

Enfin, 76 % estiment qu’une démarche telle que les États généraux de la santé et de la protection sociale pourra « créer une dynamique pour faire du sujet de la protection sociale un enjeu clé de la prochaine présidentielle ». Reste à plancher sur les solutions pour préserver ce modèle social si cher - dans tous les sens du terme - aux Français.

Et ce n’est pas fini...

t Le Figaro qui le dit...

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+ 60% d'affaires de violences policières

18 Novembre 2025, 10:35am

Publié par Bernardoc

In L’Humatinale du 18 novembre 2025

Moyens en baisse, manque d’indépendance, absence de volonté politique… Dans un rapport accablant que révèle l’Humanité, l’ONG Flagrant Déni décrypte les failles de la « police des polices » en France. Et avance des chiffres inédits : entre 2016 et 2024, le nombre d’affaires a cru de 60 %, mais leur taux d’élucidation, lui, a chuté de 25 %.

Un travail salutaire et éclairant. Ce mardi, l’association Flagrant Déni doit présenter le résultat de plusieurs mois d’enquête sur le fonctionnement de la « police des polices » en France.  

Les conclusions de son rapport sont accablantes pour la police elle-même, pour la justice censée contrôler les agents accusés de comportements délictueux voire criminels, et pour le pouvoir politique, qui organise depuis des années l’impuissance des services de déontologie, en les privant de moyens. Le titre de ce document de 80 pages, étayé par de nombreux témoignages de victimes, résume bien la tonalité générale : « Police des polices. Pourquoi il faut tout changer ».

Et ce n’est pas fini...

 

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