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Le blog de Bernard SARLANDIE

education

Il était une fois la Camif.

24 Novembre 2021, 12:07pm

Publié par Bernardoc

Cet acronyme (Coopérative des Adhérents de la Mutuelle des Instituteurs de France) faisait partie de « l'empire de la Fen ». Son succès était dû au fait de la livraison dans les écoles de campagne les plus reculées. Les magasins de Niort, Toulouse, Clermont-Ferrand,...faisaient partie des haltes obligées sur la route des vacances...vers les camps GCU.

Puis le sens initial coopératif disparut peu à peu, il fallait grandir et rivaliser avec les plus grands, y compris à l'international. Des difficultés apparurent et il nous fut demander d'acquérir des parts sociales supplémentaires. Nous votions chaque année, et nous recevions une mise en garde des instits/patrons/gestionnaires nous demandons surtout de rejeter les résolutions émanant du personnel qui était au plus près des demandes des coopérateurs, et qui donc n'y connaissaient rien.

J'ai refusé un nouvel appel à souscription et quelque temps après la Camif disparaissait. J'ignore si les commandes payées et non livrées ont été remboursées par l'assurance.

Restaient le Club Camif et Camif habitat dont je ne peux pas dire du bien.

Le nom fut racheté par un fabricant de meubles, auquel nous n'avons jamais rien commandé, le seul nom me faisait fuir.

Et voici que maintenant la MAIF rachète la Camif. Que se passe-t-il ? La boîte est-elle en train de couler et la mutuelle cherche-t-elle à la sauver (nous avons connu ça avec la Mgen qui a versé à fonds perdus dans la Mnef et LMDE), ou au contraire la Camif est-elle en pleine expansion, la MAIF souhaitant alors élargir son champ d'activités ? Tant que ça n'entraîne pas la hausse de nos cotisations, attendons pour voir.

Et ce n'est pas fini...

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Le blues ?

22 Novembre 2021, 17:50pm

Publié par Bernardoc

Deux pages dans Sud Ouest consacrées au mal-être des chefs d'établissements du secondaire. Apparemment, ça s'aggrave depuis la pandémie. Mais cela a commencé bien avant. J'entame ma treizième année de retraite, prise à 60 ans avec 42 annuités et aucune surcote, et déjà mes trois dernières années furent extrêmement pénibles, et se conclurent par une non-promotion à la hors-classe, ce qui me coûte environ 300 € par mois.

Malgré des demandes multiples, j'ai dû attendre sept ans pour avoir ma première mutation, six ans pour avoir la seconde. Il faut dire que je n'étais pas au « bon » syndicat. Quant on sait que les promotions dépendent des mutations...

J'avais donc fait un dossier de discrimination auprès de la Halde qui m'a répondu par retour de courrier, donc sans jouer son rôle d'enquêteuse.

Heureusement que je me suis arrêté, sinon je montais avec mon syndicat (la CGT) un dossier de harcèlement, car je ne supportais plus les reproches quant à la police d'écriture que j'utilisais, la couleur de l'encre avec laquelle je signais, la façon dont je m'habillais ou ma quête d'heures supplémentaires pour dédommager les profs des tâches supplémentaires qu'on leur imposait.

Comme je n'avais pas été promu, j'ai considéré que j'étais inapte à compléter les dossiers de promotion des collègues, et je m'en remettais aux inspecteurs. Cela n'a pas plu au rectorat et quelqu'un (de sa propre initiative?) a rempli les dossiers à ma place et m'a fait dire n'importe quoi. J'ai essayé de protester en contactant le service juridique, mais je n'ai obtenu aucun accusé de réception. Après tout quelques mois plus tard on n'entendrait plus parler de moi, alors, à quoi bon se pencher sur mon cas ?

Et ce n'est pas fini...

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AESH, vous avez dit AESH ?

11 Septembre 2021, 11:11am

Publié par Bernardoc

Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap lorsqu'on développe l'acronyme.

Hier soir sur France inter, il y avait une émission édifiante concernant ces personnes absolument indispensables lorsque l'on parle d' »école inclusive ».

Face à une ministre, madame Cluzel, en grande difficulté, j'ai admiré le calme de la camarade de la CGT ainsi que celui de la présidente de l'ADAPEI de Loire-atlantique ; la première décrivait la passion pour leur métier de ses collègues, presque toujours féminines, mais souvent contraintes de démissionner pour trouver un métier qui leur permette de joindre les deux bouts sans avoir recours aux distributions alimentaires ; la seconde indiquait que les associations étaient prêtes à s'engager...sous réserve de financement.

Les témoignages des auditrices allaient tous dans le même sens : calmes, passionnées par leur métier, mais déplorant les conditions de travail qui empiraient d'année en année. La ministre répondait qu'il y avait de l'amélioration en insistant sur les PIAL (Pôles Inclusifs d'Accompagnement personnalisés), alors qu'il s'agit justement du système que contestent ceux qui doivent l'affronter, élèves, parents ou AESH.

Lorsque je représentais (avec d'autres) la CGT au Conseil Départemental de la Citoyenneté et de l'Autonomie (CDCA), j'avais tenté d'animer une commission « Éducation -Formation » que j'avais abandonnée devant le refus du Conseil Départemental de prendre en charge les quelques frais que cela occasionnait. Mais avant nous avions eu le temps de rencontrer l'Inspecteur en charge du handicap, qui nous avait tenu un discours similaire à celui de la ministre hier soir.

Le combat est loin d'être terminé pour obtenir un statut et une véritable formation qui aille bien au-delà de 60 heures, pour les AESH au sein du Ministère de l'Education Nationale.

Et ce n'est pas fini...

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Vers un rebond de la mobilité étudiante en Europe.

10 Septembre 2021, 15:43pm

Publié par Bernardoc

Voici une excellente nouvelle que nous annonce lacroix.fr aujourd'hui. Angliciste de formation, j'ai pu bénéficier de deux fois un an en Angleterre, dans deux endroits et deux écoles totalement différentes, grammar school rurale et secondary modern urbaine. Entre ces deux moments, le Royaume uni avait changé sa monnaie et était passé au système décimal.

Professionnellement, après avoir, enseigné au Ghana, en Irlande et en Polynésie, j'ai participé à des stages européens au Portugal, en Allemagne et en Sardaigne. Et je me suis toujours efforcé de faire appel à des étudiants étrangers, en fait ce fut toujours des étudiantes, que leur langue maternelle fut enseignée ou non dans les établissements que je dirigeais. C'est ainsi que nous avons accueilli une Espagnole, une Italienne, une Hongroise et une Grecque.

Je pense que ce fut une expérience fort enrichissante (spirituellement) pour elles : leur participation à la vie du collège, l'aide à la préparation d'un projet européen, leur intégration dans la vie locale, bien sûr une meilleure connaissance de notre langue, la découverte en direct de notre mode de vie, tout cela ne pouvait que contribuer à l'ouverture de leur esprit et à la construction d'une fraternité européenne dans la paix.

Mon seul regret, alors que Le Haillan avait un jumelage avec l'Angleterre, commencé par l'intermédiaire du collège, mes tentatives de relancer les échanges se sont soldées par une fin de non recevoir de la part de nos « partenaires », et c'est avec les Pays-Bas que nos élèves ont pu faire un échange en utilisant la langue anglaise.

Et ce n'est pas fini...

 

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« Ces parents qui pourrissent la vie des profs. »

8 Septembre 2021, 14:25pm

Publié par Bernardoc

C'était le titre d'un article de marianne.fr hier.

Heureusement qu'il ne faut pas généraliser, mais hélas, cela arrive. Dans le dernier établissement que j'ai dirigé avant de prendre ma retraite, plusieurs fois certains collègues qui avaient fait une remarque dans le carnet de correspondance de l'élève venaient me montrer la réponse peu amène, à la limite de la courtoisie, pour ne pas dire insultante, des parents. Au bout de la troisième occurrence j'ai préparé une circulaire ; seules la date et ma signature étaient manuscrites, ainsi que le nom et la classe de l'élève.

Cette circulaire disait en substance que, si les parents étaient en désaccord avec nos méthodes éducatives, ils pouvaient changer leur enfant de collège et que je ferai tout pour les aider à obtenir cette nouvelle affectation. Cela suffisait à les ramener à des rapports moins agressifs.

Ils avaient également remarqué que je leur donnais toute la place qui leur était dévolue en conseil de classe, comme aux délégués élèves, et pas seulement cinq minutes à la fin parce qu'il y avait un autre conseil à la suite. C'était parfois difficile, car certains parents n'étaient intéressés que par leur enfant et une année j'avais dû prévenir le conseil local de parents d'élèves que je n'accepterai pas un de leur délégués l'année suivante pour cause de propos déplacés.

En fait il faut que chacun apprenne à ne pas avoir peur de l'autre. Une formation des délégués élèves qui associerait tous les membres de la communauté éducative pourrait servir à (re)tisser des liens trop souvent distendus.

Et ce n'est pas fini...

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Encore un accroc au statut.

3 Septembre 2021, 11:33am

Publié par Bernardoc

Ainsi Macron propose aux directeurs d'école de recruter les instits. Mais quelle connerie ! Ca se voit qu'il n'a jamais été en contact avec les professionnels qui travaillent à l'éducation nationale.

Les directeurs n'ont aucune relation hiérarchique avec leurs collègues. Comment pourraient-ils les recruter alors ? Et sur quelles bases ? Et pour combien de temps ? Est-ce que ce sera une cooptation du reste de l'équipe ? Quelle sera la part du piston dans ces recrutements ?

Lorsque j'étais en activité, j'ai eu à recruter des aides-éducateurs ; c'était lorsque Jospin était premier ministre. Eh bien, j'ai eu droits à des interventions appuyées du conseiller général pour que j'embauche telle personne. Comme je ne l'ai pas fait, c'est peut-être pour cela que je ne l'ai plus vu !

J'ai commencé ma « carrière », comme Surveillant d'Externat. Nous déposions un dossier au rectorat, avec des vœux et nous étions nommés en fonction des besoins. Maintenant les assistants d'éducation sont recrutés localement avec lettre de motivation ; quand on sait ce qu'on peut mettre (ou pas) dans une lettre de motivation, je ne peux m'empêcher de formuler des doutes. C'est ainsi que nous nous étions plantés avec un collègue, et malheureusement nous nous en sommes rendu compte une semaine après la fin de la période d'essai, ce qui a abouti a un procès prud'homal.

J'ai reçu une fois une délégation anglaise qui voulait savoir comment nous traitions les élèves à besoins spécifiques. L'entretien se déroulait en anglais. Ils étaient étonnés que, contrairement à chez eux, le chef d'établissement ne recrutait pas son personnel. Ils m'ont posé la question : comment faites-vous pour les faire travailler ensemble ? Ma réponse : « C'est là qu'on voit qu'on est un grand chef. » (applaudissements).

Eh oui, à l'époque nous avions une formation qui nous permettait de savoir gérer une équipe hétérogène et l'amener à oeuvrer ensemble pour construire et faire vivre le projet d'établissement. Pas besoin d'être associé au recrutement : les concours sont faits pour ça.

Et ce n'est pas fini...

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Je vous parle d'un temps...

2 Septembre 2021, 11:42am

Publié par Bernardoc

...que les moins de...65 ans ne peuvent pas connaître. (Putain que je suis vieux !)

 Lorsque j'étais petit, on évoquait les vacances en parlant de la semaine des 4 jeudis et des 3 dimanches ; en effet, à l'époque, le repos hebdomadaire dans l'enseignement élémentaire était le jeudi et non le mercredi.

L'école se terminait le 14 juillet et avec la chorale de mon école publique de garçons, nous allions chanter à la mairie du XVIII°. Le prof de musique, Daniel CHABRUN qui a fait son chemin depuis (je vous laisse chercher), pensait que La Marseillaise était inscrite dans nos gènes et nous ne l'avions donc jamais répétée. Comme dans "La table de multiplication " de Jacques BODOIN (encore mes références de vieux) on connaissait la musique, mais moins les paroles. C'est ainsi que je chantais à pleine voix "...contre nous de la tirelire...", ce que j'avais compris.

Comme nous finissions le 14 juillet, l'école reprenait le 1er octobre (si, si). Une année, mon père, qui venait d'être titularisé comme cuisinier à l'AP-HP, a réussi à obtenir le mois de septembre pour ses vacances. Bam ! C'est cette année que l'année était avancée au 15 septembre. Ça ne fait rien : j'ai fait ma rentrée en CE1 dans la classe unique, et mixte bien entendu, à l'école de Savignac Lédrier. Expérience intéressante qui a beaucoup comté pour moi.

 Ensuite, au lycée, cours le mercredi matin...et le samedi après-midi pour les TP de Physique-chimie ; grosse frustration au moment du Tournoi des 5 nations (la 6ème est venue beaucoup plus tard).

Quand nos enfants sont entrés à l'école, il n'y avait pas cours le samedi après-midi, mais je dois dire que les maîtresses de maternelle ne sautaient pas de joie en nous voyant débarquer le samedi matin.

Maintenant, 4 jours de cours par semaine et résistance des syndicats pour maintenir l'intégralité du mois d'août pour les vacances.

Je n'ai pas calculé, mais il me semble que "de mon temps" on travaillait plus.

Et ce n'est pas fini...

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Langues régionales SOS enseignement !

15 Mai 2021, 10:25am

Publié par Bernardoc

Pour que vivent nos langues, le 29 mai 2021, mobilisons-nous !

Depuis sa création à l’automne 2019 face au danger représenté par les réformes, de l’actuel ministre de l’Éducation nationale, notre collectif d’associations de promotion des langues régionales Pour Que Vivent Nos Langues a mené plusieurs actions publiques (rassemblement le 30 novembre 2019 à Paris, renouvelé sur tous les territoires le 10 octobre 2020). Leur objet : alerter l’opinion sur les conséquences de ces réformes pour l’enseignement de nos langues, mais aussi mettre en lumière la force vitale de ces langues, leur créativité, leur apport à la diversité culturelle du pays et de l’Humanité, alors même que leur danger de disparition est pointé par l’UNESCO.

En parallèle à ces actions unitaires de nos associations, le travail de l’Assemblée nationale et du Sénat a débouché, pour la première fois depuis 1951 (loi Deixonne), sur l’adoption le 8 avril, à une très large majorité transpartisane, de la loi sur la protection patrimoniale des langues régionales et leur promotion déposée par le député Paul Molac. Ce vote, arraché contre l’opposition farouche du ministre Blanquer, a suscité un immense espoir et des débats publics d’une ampleur et d’une qualité sans précédent.

Or, juste avant la date où elle aurait dû être promulguée, 61 députés ont saisi le conseil constitutionnel contre cette loi. Au moment où nous lançons cet appel, nous ignorons ce que sera le résultat de cette peu glorieuse manœuvre, à l’origine de laquelle se trouve le même ministre.

C’est là le dernier acte en date de l’entreprise de destruction de l’enseignement de nos langues par ce ministère, après

  • les effets néfastes d’une réforme du lycée qui a entraîné une baisse moyenne de 50 % des effectifs d’élèves

  • l’élaboration d’un soi-disant « Plan Langues » qui ignore les langues régionales

  • le blocage de l’inscription du flamand occidental et du franco-provençal à la circulaire 2017-072, circulaire que nous souhaitons voir complétée également des autres langues régionales qui en font la demande tel le picard

  • le refus obstiné de recevoir une délégation du collectif Pour Que Vivent Nos Langues.

Tout cela au nom d’une politique générale d’économies budgétaires et de casse des services publics.

Contre un ministère en décalage avec les aspirations d’une opinion publique fière de sa diversité culturelle et linguistique, nous marquerons, le 29 mai, notre détermination à créer, à écrire, à lutter pour nos langues et à les enseigner au plus grand nombre.

Nous serons nombreux à nous réunir le 29 mai dans toutes nos régions

pour que vivent nos langues !

Et ce n'est pas fini...

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Défendons l'école maternelle.

12 Mai 2021, 16:30pm

Publié par Bernardoc

Ce texte du 2 février dernier m'avait échappé. J'y souscris totalement, et je ne dirai jamais assez l'immense admiration que j'ai pour les maîtresses (ou les maîtres) de cette école.

Nous sommes enseignantes et enseignants de l’école maternelle, Atsem, parents d’élèves, chercheurs, militantes et militants de syndicats enseignants, d’associations complémentaires de l’École, de mouvements pédagogiques. Nous faisons vivre l’école maternelle… et pourtant notre expertise n’a pas été jugée digne d’intérêt par le Conseil supérieur des programmes (CSP) qui, sur instruction du ministre, propose une réorientation profonde du programme de la maternelle transformant ses missions jusqu’à les réduire à la seule préparation du CP et à ses tests d’entrée. Cette rupture avec l’équilibre trouvé en 2015 autour du triptyque « accueil, éducation, préparation à la scolarité future » dessine le portrait d’une maternelle où l’importation brutale de contenus inspirés d’une certaine vision de l’école élémentaire et recentrés sur les seuls « fondamentaux » ne peut que nuire au bienêtre et aux apprentissages des jeunes enfants, en particulier des plus éloignés de la culture scolaire.

Le programme de 2015 avait été plébiscité et approprié par les équipes pédagogiques. Toutes se retrouvent dans le projet d’une école maternelle accueillante, bienveillante, exigeante où la place centrale du langage et le rôle du jeu comme l’une des entrées dans les apprentissages ont été réinstaurés. Une école, soucieuse du développement de l’enfant dans toutes ses dimensions : langagières, cognitives, sociales, affectives, physiques, artistiques… Une école attentive aux progrès et réussites de chaque élève, aux objectifs communs ambitieux, mais avec le respect des différences de rythmes et de développement si prégnantes chez les plus jeunes, sans mise en compétition, ni culte de la performance.

Cette école est caricaturée et accusée de ne pas préparer suffisamment aux évaluations standardisées d’entrée au CP. Il est vrai que ces tests fondés sur une conception appauvrie de la lecture et des mathématiques, réalisés en format papier-crayon et instaurant des normes arbitraires sans rapport avec le programme en vigueur sont éloignés de ses objectifs actuels et de la richesse des apprentissages menés dans tous les domaines. Une richesse qui a valu à la maternelle la confiance sans faille des familles, bien avant que l’instruction à trois ans soit rendue obligatoire, cette dernière servant aujourd’hui de prétexte à la révision du programme, alors qu’elle a surtout permis une augmentation du financement public des écoles privées par les collectivités territoriales.

Absence de consultation, volonté de mainmise sur l’école, reprise sans condition du projet ministériel de resserrement de l’école sur les « fondamentaux » étriqués… témoignent que l’élève est perçu comme un perroquet docile. Le Service public d’éducation, réduit dans ses missions, ne formerait plus à une citoyenneté éclairée.

Cette ré-orientation aboutirait à des propositions qui confinent à l’absurde : instruire les élèves de trois ans à l’organisation grammaticale de la phrase ou à la phonologie (relation entre les lettres et les sons)… Comme si le langage pouvait se réduire à l’étude de la langue, avant même que d’être un moyen de communiquer et de penser le monde, comme si la priorité n’était pas de mettre en confiance tous les enfants pour qu’ils et elles osent s’exprimer et s’approprier les pratiques langagières de l’école.

De même, sous prétexte que la connaissance des nombres de 1 à 20 est difficile pour beaucoup d’élèves au CP, il faudrait obtenir des élèves de la grande section le comptage jusqu’à 100, de 10 en 10… Comme si rapprocher l’obstacle permettait de le franchir plus facilement ! Exercices systématiques de transformation de phrases, cahier de mots, carnet d’expériences scientifiques… Comme si reproduire les formes scolaires de l’élémentaire permettait la réussite de toutes et tous, quand la recherche démontre que « faire trop vite, trop tôt » génère l’échec, en particulier des élèves issus des classes populaires !

La mesure systématique de compétences en fin d’école maternelle cantonnerait les enseignements à des séances répétées d’entraînement à des techniques puis à un « bachotage » pour préparer les tests en CP. Comment cette note du Conseil supérieur des programmes qui évoque une évaluation standardisée des élèves, non seulement en fin de grande section mais également dès trois ans, peut-elle prétendre prendre en compte le bien-être du jeune enfant découvrant l’école ?

Les contenus proposés et la performance précoce induite font de la bienveillance une injonction paradoxale intenable pour les personnels enseignants.

De plus, l’idée d’apprendre ensemble disparaît et c’est au contraire un renforcement de l’individualisation qui se profile, renvoyant chaque enfant, chaque élève à lui-même, ses pré-requis et son adaptation anticipée à une forme scolaire empruntée à l’école élémentaire. Ainsi, par exemple, le jeu est vidé de sa composante sociale, et est sommé de se mettre au service exclusif d’apprentissages « sérieux ». Est-ce ainsi que peut se construire l’école du plaisir et du goût d’apprendre ensemble ?

Nous refusons fermement cette école qui soumet les plus jeunes enfants et leurs familles à la pression du résultat dès l’entrée en petite section. Quitte à faire assumer au seul apprenant et à sa famille la responsabilité d’une inadaptation à une norme scolaire renforcée et uniformément imposée à toutes et tous, le plus tôt possible.

Nous refusons cette école de la perte de sens des savoirs, de la performance précoce à tout crin, qui tourne le dos à la spécificité de l’école maternelle française. C’est en étant soucieuse de faire grandir les enfants qu’elle accueille, en explorant à l’égal tous les champs d’apprentissage, en multipliant les découvertes, les expériences de l’échange, de l’esprit et du corps, en construisant un langage réflexif et des savoirs ambitieux, que l’école maternelle cultivera l’envie d’apprendre et contribuera à une émancipation future.

Nous refusons cette école où les équipes enseignantes ne seraient que des exécutantes sommées de « se conformer à des protocoles précis ». Enseigner est un métier de conception.

L’école maternelle que nous voulons porte une toute autre ambition. Elle suppose un investissement à la hauteur des besoins : des effectifs réduits dans toutes les classes, des locaux et du matériel adaptés pour favoriser accueil et apprentissages, la présence d’une Atsem garantie à temps plein dans chaque classe, la reconstitution des réseaux d’aide spécialisés aux élèves en difficulté (Rased) et leur intervention dans toutes les écoles, à des fins de prévention… Cela implique également une formation initiale et continue d’ampleur et de qualité. Seul le maintien du programme de 2015 permet aux équipes pédagogiques de poursuivre en continuité les enseignements au cours des trois années du cycle d’une école maternelle, en préservant son identité.

Nous portons ainsi l’ambition d’une école maternelle œuvrant à former des enfants désireux d’apprendre et de comprendre le monde. Former des citoyennes et citoyens éclairés et critiques, oui, cela commence à l’école maternelle !

Les organisations signataires :

AFEF ; Ageem ; ANCP&AF ; CAPE ; Ceméa ; CGT-Éduc’action ; CNT-SO ; Collectif éducation 94 ; CRAP-Cahiers pédagogiques ; DDEN ; DEI-France ; FCPE ; GFEN ; ICEM-Pédagogie Freinet ; SE-UNSA ; SGEN-CFDT ; Interco-CFDT ; Snuipp-FSU ; Snuter-FSU ; Sud-Éducation. (j'ai été militant dans six de ces organisations)

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Les infirmières scolaires, «invisibles» de l’éducation

4 Mai 2021, 12:10pm

Publié par Bernardoc

Extrait de Libération du 3 avril 2021

Avec la pandémie, elles font face à des conditions de travail dégradées. Alors que lycées et collèges ont rouvert ce lundi, elles dénoncent le flou qui entoure le retour des élèves en présentiel.

«Cette rentrée en présentiel risque d’être olé olé !» Gwenaelle Durand rigole nerveusement. De sa voix au téléphone, on devine sa mine déconfite. L’infirmière scolaire le reconnaît dans un soupir, «je préfère en rire qu’en pleurer, parce que sinon je ne tiendrais pas…» Ce lundi, collégiens et lycéens débarqueront à nouveau dans leurs établissements, en demi-jauge. Au programme, pour lutter contre la pandémie : déploiement des autotests dans les lycées et de tests antigéniques dans les collèges.

A l’approche du jour J, elle sait qu’elle n’est pas la seule à s’inquiéter. Ces derniers jours, elle sent la panique monter chez ses collègues. Avec sa casquette de secrétaire générale du Syndicat national des infirmiers et infirmières éducateurs de santé (Snies Unsa), elle insiste : «Avec tout ce qu’on a à gérer côté Covid, on ne s’en sort plus.» Comme beaucoup de consœurs et confrères, elle peine à prendre en charge les élèves en souffrance, une de leurs prérogatives. «Et avec cette reprise, on nous rajoute encore des tâches sans recruter. La fin d’année va être longue, très longue.»

Grande nouveauté pour cette reprise : les autotests dans les lycées. Chaque semaine, à partir du 10 mai, les élèves devront se fourrer eux-mêmes un écouvillon dans le nez. Pour l’instant, «c’est le flou complet» concernant la façon dont ce dispositif sera mis en place. Jusque-là, «on espérait que les autotests auraient lieu à domicile après avoir montré aux jeunes comment faire», commente Sylvie Magne, secrétaire académique du Syndicat national des infirmièr(e)s conseiller(e)s de santé (Snics FSU) à Nantes. Mais les dernières consignes ne lui inspirent pas confiance : «A priori, les autotests se feront dans les établissements scolaires jusqu’à la fin de l’année. C’est ingérable !»

Que faire des déchets contaminés ? Comment prendre en charge un cas positif ? De quelle façon superviser les centaines d’adolescents qui défileront tests à la main ? Autant de questions auxquelles la responsable syndicale est incapable de répondre. Pour elle, impossible de tout gérer avec si peu de personnel : «On ne peut pas se démultiplier !» Actuellement, l’Education nationale compte 7 700 infirmières et infirmiers scolaires (96 % sont des femmes)… pour 62 000 établissements.

Et ce n'est pas fini...

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